@Eric F
Merci pour ces précisions et pour la richesse de votre analyse. Je partage votre observation selon laquelle les récits nationaux et la culture jouent un rôle central dans la cohésion d’un pays, qu’il s’agisse de la France, de la Russie ou d’autres nations. La dimension historique, les guerres, les conquêtes et les épisodes fondateurs participent effectivement à la construction de ces récits, tout comme le rayonnement culturel peut dépasser les frontières politiques.
Mon article ne conteste pas la réalité ou la richesse de la culture russe ni sa valeur de cohésion interne. L’enjeu que je soulève est plutôt singulier : pourquoi cette culture est-elle seule qualifiée de « grande », avec une légitimité universelle qui justifierait, ou du moins rendrait pensable, des actions politiques et militaires ? L’analyse des chercheurs cités montre que ce label ne relève pas seulement de l’appréciation esthétique, mais aussi d’un usage symbolique et politique, qui peut légitimer des hiérarchies et des expansions impériales.
Je comprends parfaitement vos remarques sur la géopolitique, la « zone d’influence » et le nationalisme ukrainien ; ce sont des facteurs essentiels du conflit. Le propos de l’article se concentre sur la matrice culturelle et symbolique qui accompagne et structure ces événements, et non sur une responsabilité unique des acteurs extérieurs ou sur une critique de la population russe.