@Zolko
A priori, la terre tourne autour du soleil et c’est une vérité absolue. Si la science avance et est toujours prête à remettre en question une découverte, il n’en demeure pas moins qu’à un moment, elle juge qu’on peut faire quelque chose avec telle ou telle découverte. Cette découverte est donc une vérité jusqu’au moment où elle n’en sera peut-être plus une. Pour autant, on ne la remet pas en question sur des suppositions.
En démocratie, c’est la même chose. On ne décide pas à coup d’opinions, notamment celles qui disent qu’une découverte scientifique est une opinion. On décide parce qu’on a vérifié ensemble un certain nombre de choses et qu’on s’est mis d’accord sur les tenants et sur ce qu’on veut. Et cela doit s’appuyer sur du factuel, et des études.
L’opinion ne peut être valide qu’après avoir fait ce travail et pas reposer sur des intuitions, des présupposés, des partis-pris, des émotions, une assertion gratuite, une doxa, un bruit cognitif.
L’attitude commune au scientifique et au citoyen est celle de la construction d’une opinion éclairée. En sciences, comme en démocratie, on ne cherche pas une « vérité » métaphysique éternelle, mais un consensus robuste. Ce qui lie le chercheur et le citoyen, c’est la soumission à l’examen contradictoire.
Cela veut dire honnêteté intellectuelle, capacité d’admettre qu’un fait invalide une croyance personnelle, le doute méthodique, ne pas rejeter tout par principe (complotisme), mais accepter de vérifier chaque étape du raisonnement, l’inter subjectivité puisque l’objectivité pure est difficile, on s’accorde sur le fait que si plusieurs personnes utilisent la même méthode (scientifique ou délibérative), elles arrivent au même constat. C’est ce qui transforme une intuition en fait social ou vérité scientifique.
Mon texte aurait dû aller jusque-là. Je m’en suis aperçu, malheureusement, au moment où il a été publié.