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Commentaire de Luniterre

sur Les nouveaux chiffres de l'emploi industriel ouvrier en 2026


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Luniterre Luniterre 20 juin 19:25

@Eric F

En réalité, à la fin de la production, au moment où la marchandise est vendue pour être « consommée /utilisée », il n’y a plus qu’une seule valeur : la valeur d’usage, par définition, c’est à dire celle que le client est « prêt » ou « capable » de débourser pour cette « consommation/utilisation ». Elle ne dépend pas de son travail éventuel mais simplement de l’argent dont il dispose, quelle qu’en soit l’origine.

Le simple fait est que pour la plupart d’entre nous, qui ne sommes pas des voleurs, cet argent est généralement le fruit de notre travail, présent ou passé (retraite).

La valeur de la marchandise est, dans une économie « classique » :

> Valeur d’usage de la force de travail ( généralement, salaire)

> + valeur d’usage de la machinerie

> + valeur d’usage des intrants (matières premières, énergies)

Dans une économie « robotique » :

> Valeur d’usage de la machinerie

> + valeur d’usage des intrants (matières premières, énergies)

Cela ne fonctionne donc bien, sur le plan strictement commercial, que si la somme de ces deux valeurs est inférieure à la somme des trois autres dans le cas « classique »

Sans la valeur ajoutée par le travail il y a donc bien zéro valeur ajoutée par rapport à l’investissement initial en valeurs d’usage.

Dans une économie « classique » les gens échangent entre eux par le commerce, même si indirectement, les produits de leur travail humain, de leurs valeurs ajoutées respectives.

Dans un pseudo-« échange mixte » entre production humaine et production robotique, il y a donc une partie de la valeur d’origine « humaine » (valeur d’usage de la force de travail, c.a.d. valeur ajoutée par le travail humain) qui est donc « échangée » contre la valeur d’usage de la machinerie robotique, qui n’est, par définition, que valeur d’amortissement.

Il y a donc bien « absorption » de la valeur d’usage de la force de travail humain par la valeur d’usage de la machinerie, c’est à dire sa valeur d’amortissement.

Le bilan réel est donc bien plutôt celui d’une « destruction » de la valeur ajoutée, et non pas celui d’une « nouvelle valeur ajoutée ».

Financièrement la « culbute robotique » n’est donc bien possible que si la masse monétaire en circulation le permet, en termes d’investissements, entre crédits d’investissement et vente de la marchandise « avec profit »... Profit qui ne peut donc bien provenir que d’une autre source que le travail humain, c’est à dire de la dette !

D’une manière ou d’une autre, l’économie robotique échange du crédit d’investissement contre du crédit à la consommation, sous une forme ou sous une autre, si on fait le bilan global. A mesure qu’il n’y a plus assez d’argent nouveau créé par le travail humain (salaire ou autre), la différence ne peut provenir que de la dette publique et privée. La dette privée est plus ou moins remboursée par le travail, et la dette publique, elle, s’accumule nécessairement dans ce type d’économie, même s’il n’y a pas de gaspillage.

Une économie « robotisée » est forcément déficitaire à proportion de son degré de robotisation, mais on peut précisément y mettre une limite en termes d’abus parasites, ce qui n’est pas le cas actuellement, et même bien au contraire, où les grandes fortunes ne se font plus essentiellement qu’à titre parasitaire du nouveau système qui est en train de prendre la place du capitalisme « classique », et que j’appelle banco-centralisme parce que ce sont les Banques Centrales qui sont, in fine, les seuls « régulateurs » des déficits publics et privés et qui décident de qui « profite » ou pas, en fonction de la politique monétaire (« Effet Cantillon » nouvelle manière, à partir du « vent » de la création monétaire ex nihilo, et non plus du pillage de l’or « précolombien »).

A la fin du processus, la généralisation des Monnaies Numériques de Banques Centrales règlera le problème en supprimant une partie des « intermédiaires » et en concentrant définitivement le pouvoir réel entre les mains des Conseils de Gouverneurs des Banques Centrales, les jeux politiques habituels ne subsistant plus que comme décors « démocratiques » pour amuser les gogos.

Luniterre


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