@Hamed
Analyse judicieuse et logique
Mais avec pas mal d’inconnues à la clé. J’ajoute quelques éléments issus de mon intuition, de ma perception de l’histoire longue.
La politique intérieure en France n’a plus aucun intérêt, les gesticulations auxquelles on assiste n’auront aucun impact réel sur l’avenir de nos enfants.
Nos politiques d’aujourd’hui sont d’ailleurs en phase avec ce constat : sans vrai projet pour la France, sans courage (le courage, valeur virile, est relégué par l’UE) et vraie détermination. Ce sont des gestionnaires de places un rien minables.
L’avenir de nos enfants se joue ailleurs, à l’échelle mondiale. Et là, on perçoit l’ombre d’une vraie détermination de nos politiques : faire la guerre à la Russie.
Dans la situation un peu misérable de notre pays, c’est une option qui a un sens pour ces politiques de seconde classe : mobiliser les Français face à un ennemi. C’est le plus facile, car c’est en effet une règle générale, qui n’est pas propre aux Français : le citoyen ne comprend pas grand-chose aux enjeux et motifs des guerres mais soutient automatiquement son gouvernement face à « l’ennemi ». Ce fut le cas en Libye, guerre idiote qui a nui à notre pays, mais 70% des Français y étaient en soutien.
Le projet de faire la guerre à la Russie a un autre carburant, plus profond celui-ci : réussir enfin l’Empire européen. Le continent européen est en effet infirme, coupé en deux face aux Anglo-Saxons (la GB a affirmé son ancrage US en quittant l’UE) et face à l’Asie. Après Rome, Charlemagne, Hitler, un Macron se positionne comme ultime candidat. On ne rit pas.
Il y a évidemment un côté farce dans ce projet, mais cette vocation de l’Europe d’être le centre du monde comme autrefois traine dans l’inconscient collectif européen. Il y a bien sûr un autre candidat « centre du monde », la Chine, mais le sens est différent : centre en soi-même, pas en conquête idéologique et militaire mondiale.
A l’époque des armes de destruction massives, et face à une Russie qui en est massivement dotée, ce projet de réunir le continent européen n’est pas sans risque. C’est pourquoi Kaja Kallas compte plutôt sur un effondrement intérieur de la Russie, plutôt qu’une confrontation directe avec l’UE, puis son éclatement. L’UE pourrait alors étendre son empire jusqu’à Vladivostok, morceaux par morceaux. Faire durer la guerre en Ukraine, faire pression sur la Russie par tous moyens, jusqu’à ce que la Russie hisse le drapeau blanc est donc la politique de l’UE.
Politique ambitieuse et risquée, comportant beaucoup d’inconnues. Confrontation civilisationnelle malgré les folles nuits de Moscou, le progressisme occidental (PMA, GPA, euthanasie, LGTB, mariage pour tous, indétermination de genre …) n’étant pas du goût de tout le monde côté russe (et ailleurs).
Politique risquée également, avec enjeu vital pour l’Europe, l’ours russe n’étant pas totalement prévisible.