Très bon article, très ambitieux. Quelques réflexions : - J.-J. Rousseau n’était pas un très grand lecteur de la Bible. Il était en revanche un grand lecteur de Plutarque. Quand il se réfère à un législateur doté d’une autorité supra-humaine, il se réfère en fait directement au roi-législateur des Romains, le légendaire Numa, dont la vie est relatée par Plutarque et qui, pour donner aux lois de la jeune cité de Rome une autorité incontestable, disait les tenir directement de ses entretiens avec la nymphe Égérie. - Merci de faire référence à saint Paul et à la dialectique entre obéissance à la Loi et actualisation de celle-ci par la liberté. C’est là le nœud du christianisme authentique, auquel plus personne n’entend plus rien, et les chrétiens sans doute moins encore que les autres. - Léon XIV a fait en France exactement ce que François a évité de faire : Notre-Dame, Lourdes, un christianisme iconographique et identitaire, purement culturel. Les médias étaient aux anges, hypnotisés, et ils sont passés à autre chose en moins de vingt-quatre heures. Il ne restera de tout cela effectivement rien, ou pas grand-chose. Rappelons que François mettait un point d’honneur à aller là où personne ne voulait aller, en Arménie, au Kazakhstan, etc. Son dernier voyage était en Corse. Deux visions différentes du christianisme. - Vous avez bien raison de vous moquer des laïcards et de Guylain Chevrier. La douleur épidermique que ce voyage leur a causée montre bien qu’ils sont en effet dépositaires d’un sacré de substitution. G. Chevrier se réclame d’ailleurs de « l’extraordinaire Constitution dont nous disposons », « première dans l’ordre du réel » (sic), ce qui est significatif. Au fond la gauche est encore chrétienne, c’est une mutation du christianisme, comme en témoignent les références incessantes à la morale de Fergus ici, les envolées messianiques de Ségolène, etc. Les exemples sont innombrables. Le véritable anti-christianisme est à rechercher à droite, chez des gens comme Thaïs d’Escufon, Conversano, etc., qui sont de purs pragmatiques, dénués de principes, prométhéens, sans aucun respect pour la vie humaine dès qu’il s’agit d’autres races, sans la moindre empathie pour le faible ou le pauvre, etc.
Culturellement il est impossible aux boomers de s’intéresser aux générations suivantes. François Bayrou l’a payé de son poste. Ce n’est donc pas la nature qui vous a dicté cet article, c’est une force supérieure. Encore faut-il ajouter que votre propos ne vise qu’à mieux transmettre le capital au sein d’une même famille, ce qui ne fait en définitive que perpétuer les inégalités. Une vision vraiment objective consisterait à partager la dette nationale au lieu de la refiler aux générations suivantes, en baissant les pensions de retraite par exemple. Êtes-vous prêt à cela Fergus ?
Il est malgré tout très délicat de dénoncer sans cesse l’antisémitisme - à juste titre - sans jamais se référer à la nature religieuse du judaïsme, comme vous ou BHL le faites. Me revient une phrase de Jacques Ellul dans son ouvrage Ce Dieu injuste ? : « L’ignominie de l’antisémitisme est fondamentale, proprement démoniaque. Démoniaque parce que c’est la haine du projet de Dieu et pas seulement du peuple que Dieu a choisi. » À un moment ou à un autre il faut bien en arriver là, et finir quand même par faire entrer Dieu dans l’équation...