Vous pouvez directement quantifier votre hypothèse en estimant la courbure d’espace-temps produit par la terre et en calculant la longueur de l’Arc.
Mais, à mon avis, le problème est bien plus profond. Pour le percevoir, il faut reprendre l’histoire des sciences.
Déjà, en mathématique, dès le XIXème, il y a eu une embrouille : les quaternions d’hamilton. Première tentative de correction avec Gibbs (analyse vectorielle), mais le produit vectoriel est fort mal défini et les symétries sont erronées. Puis le délire continue avec les « spineurs », utilisés à fond par Einstein. Les physiciens ont pris le goût d’utiliser des « opérateurs » dont ils ne comprennent même plus le sens. Aujourd’hui, il faut souligner l’effort produit par David Hestenes, qui reprend l’algèbre de Clifford et réinterprète les équations du XXème siècle en s’efforçant d’en former une image géométrique (Les physiciens théoriciens ont utilisé des algèbres de Clifford sans le savoir).
Ensuite, en physique. Sur ce point, la situation est plus complexe à dépatouiller. Il y a eu constamment deux école d’interprétation au sujet de la lumière : onde (Fresnel, Fermat, Maxwell), corpuscule (particule de feu de Descartes et Newton, photon d’Einstein).
A la fin du XIXème Maxwell avait produit ses fameuses équations, modélisant la lumière comme une onde électromagnétique. Mais la découverte de l’effet photoélectrique ne pouvait s’expliquer convenablement dans ce cadre ondulatoire.
En revanche, en considérant la lumière comme un flux de particule (les photons, postulés par Einstein), et en s’appuyant sur la théorie de Thompson (les rayons cathodiques sont des électrons, petites briques de l’atome), l’explication était simple et mécanique : les photons percutaient les atomes, en expulsant les électrons.
Mais du coup, la théorie de Maxwell prenait du plomb dans l’aile. Notamment, aucun référentiel particulier n’était indiqué. Par rapport à quoi mesurait-on la vitesse de la lumière ? Or si la lumière était composée de particules, alors celle-ci devait suivre les lois de transformations galiléennes.
Comme la théorie de Maxwell s’appuyait sur le concept d’éther, vu comme le milieu où se propage l’onde lumineuse, certains se sont dit que l’on devait mesurer la vitesse de la lumière dans un référentiel fixe, lié à l’éther, et que les lois de compositions devaient s’appliquer normalement. Lorenz, lui, avait remarqué que postuler une vitesse limite, et faire certaines transformations mathématiques de l’équation de Maxwell (transformations de Lorentz), permettait de s’assurer que ces équations de Maxwell soient correctes dans tous les référentiels en mouvement de translation uniforme par rapport à l’éther.
Lors de l’échec de l’expérience de Michelson-Morley (Relatif, lire Maurice Allais sur ce sujet), la composition des vitesses n’apparut pas pertinente. La voie suivie fut celle de Lorenz. Selon ce point de vue, Poincaré démontra que la lumière était analogue à un fluide de masse m = E/c². Einstein repris la chose, postulat le photon, et décréta E=mc².
Le soucis est que Einstein généralisa cette conception, correcte pour la lumière, à toute la matière et à toute les particules, dont le neutrino. Ce postulat est sûrement issu de sa culture Kabbalistique, dont la cosmogonie enseigne que le monde est issu d’un faisceau de lumière lancé par Dieu dans les ténèbres quand il se retire (i.e. toute chose est de la lumière piégée).
Maintenant qu’il semble démontré que des particules vont plus vites que le photon, c’est le paradigme central de la relativité qui s’effondre : la vitesse du photon n’est pas l’alpha et l’oméga de la physique... Voilà donc que la courbure de l’espace-temps n’est plus.
L’auteur essaye de s’en tirer en ramenant la courbure de l’espace-temps à une simple courbure du champ électromagnétique, mais cela contredit la théorie de manière intrinsèque. En relativité, c’est l’espace-temps lui même qui est « courbé », en propre. C’est le temps et l’espace qui se « dilatent » ou se « contractent »... Cela revient à relativiser la généralité de la relativité générale...
Il y a eu suffisamment de relativisations et de généralisations.
Mieux vaut repartir sur de nouvelles bases.