Je vais encore contrarier le consensus ;
Il est très facile, très populiste, sans risque aucun, d’écrire ce genre de papier.
Un détail : poser que contruire les pyramides était une entreprise équilibrée est faux et tendancieux. En réalité concevoir et construire une cité c’est mettre le doigt dans un engrenage qui peut tenir tant qu’il n’y en a pas trop mais qui aboutit in fine à l’impasse actuelle.
(Il faut ici rappeler qu’en dépit de la « grande place » qu’il y avait alors, il était souvent arrivé que nos ancêtres se retrouvassent coincés en raison de leur surexploitation. Ainsi, pour résoudre ces impasses, dès qu’on se mit à contruire des armadas, on s’était mis à planter des chênes ; 100% de nos forêts sont plantés)
Ce qui est destructeur dans ce genre de papier c’est que tout en parlant de NOUS en tant que responsables-coupables (marrant le mot responsable qui peut, dans les discours critiques, être remplacé par irresponsable) il fait ressortir tout de même des PLUS coupables.
Ainsi, l’auteur nous montre une photo de défrichage de forêt. Certes, chacun de nous entend tout de même qu’en achetant des cahiers, parquets et livres, il en est responsable. Mais la distance entre ce défricheur et nous, les consommateurs de papier ou de viande (qui exige des tourteaux de soja à la place des jungles) est la plus grande possible.
C’est comme avec Wall Street. Certes, chacun entend bien qu’il est quelque part responsable des dérives de WS mais en évoquant ce centre financier, on désigne à la masse l’élément le plus éloigné de NOUS et le PLUS responsable.
Qui est à alors une cible à détruire.
Aucun de ceux à qui s’adresse ce genre de papier ne se sent très proche des défricheurs, des miniers, de ceux qui marées noires, des banquiers. Alors se constitue une proposition de lynchage de ces plus éloignés et des moins nombreux par la grande masse (qui en réalité, par le fait de sa masse et non par les petits faits individuels pris séparément, est la première responsable)
Ce que je préfèrerais entendre et que je n’entends jamais, c’est un discours montrant l’alfa de la cruauté et de la destruction. Cet alfa se nichant dans le comportement le plus privé de chaque individu, même le plus banal.
Tant qu’on désignera une pointe de pyramide à décapiter, la base innocentée par ce boucémissarisme en produira.
C’est notre comportement à nous les plus petits, les plus ordinaires mais les plus nombreux, c’est chez nous qui enfantons les pointes de nos pyramides, qu’il faudrait porter l’examen.
Quoi, on serait ici sur un forum, à pointer du doigt les pointes destructrices pendant qu’à l’étage, dans leur chambre, nos enfants construisent leur ego et narcissisme sur des jeux de destruction ?
Si nos enfants avalent leurs flocons de céréales en nous entendant lancer des anathèmes contre les pointes des pyramides qui sont à détruire, quelle indication leur donnons-nous sinon celle de détruire, d’enfermer les Maddof et autres DSK pour 130 ans pour les faire souffrir pendant 130 ans ?
Il y a un alfa à la destruction, à la cruauté. C’est cet alfa qui est à traiter et ça se passe là, chez nous.
Sur ce forum, contre je ne sais plus quel vilain, un intervenant avait dit qu’il fallait l’allumer, l’éteindre au bout d’une minute, puis le rallumer etc. et personne n’avait protesté.