LE RETOUR DU TRUAND !
Affaires judiciaires[modifier]
Appartement de Laurent Juppé[modifier]
En juin 1995, Le Canard enchaîné publie un document interne de la Ville de Paris,
signé par Alain Juppé, donnant ordre à ses services de diminuer le
loyer de son fils Laurent, logé dans un appartement relevant des
propriétés de la ville de Paris, rue Jacob. Il est locataire, à un prix défiant toute concurrence, d’un appartement de 189 m²
dans la même rue, où sont réalisés des travaux pour plusieurs millions
de francs aux frais des contribuables. Une plainte pour « prise illégale
d’intérêts » est déposée par l’Association des contribuables parisiens,
créée ad hoc par Arnaud Montebourg, à l’époque jeune avocat et adhérent du Parti socialiste.
Une information judiciaire est ouverte par le procureur de la République de Paris, Bruno Cotte,
qui a considéré que le délit de « prise illégale d’intérêts » était
établi. Il annonce cependant son intention de classer le dossier si
Alain Juppé quitte son appartement. Le procureur général près la cour d’appel de Paris, Jean-François Burgelin, publie alors un communiqué, approuvé par le ministère de la Justice,
affirmant que l’infraction n’était pas constituée et qu’elle était de
toute façon prescrite. Cependant, la décision de classement impose à
Alain Juppé de déménager.
Emplois fictifs de la Ville de Paris[modifier]
En 1998, Alain Juppé est mis en examen pour « abus de confiance,
recel d’abus de biens sociaux, et prise illégale d’intérêt » pour des
faits commis en tant que secrétaire général du Rassemblement pour la République
et maire adjoint de Paris aux finances, de 1983 à 1995. Il est
considéré comme un élément clé d’un système de financement occulte
d’emplois au sein du RPR financés par la mairie de Paris et des
entreprises désireuses de passer des contrats publics (sa secrétaire
personnelle au RPR fut elle-même rémunérée par une entreprise, le groupe
immobilier Ségur, puis par la ville de Paris).
Le 30 janvier 2004, il est condamné par le tribunal correctionnel de Nanterre à dix-huit mois de prison avec sursis dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris et à une peine de dix ans d’inéligibilité. Le tribunal juge notamment que :
« Alain Juppé dans la quête de moyens humains lui apparaissant
nécessaires pour l’action du RPR a délibérément fait le choix d’une
certaine efficacité en recourant à des arrangements illégaux […] Que la
nature des faits commis est insupportable au corps social comme
contraire à la volonté générale exprimée par la loi ; qu’agissant ainsi,
Alain Juppé a, alors qu’il était investi d’un mandat électif public,
trompé la confiance du peuple souverain. […] »
L’appel interjeté par Alain Juppé, immédiatement après sa
condamnation, a pour effet de suspendre l’application de cette décision
jusqu’à l’arrêt de la cour d’appel. Le 1er décembre 2004, celle-ci réduit la condamnation à quatorze mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité.
La cour d’appel formule quant à elle que :
« Il est regrettable qu’au moment où le législateur prenait
conscience de la nécessité de mettre fin à des pratiques délictueuses
qui existaient à l’occasion du financement des partis politiques, M.
Juppé n’ait pas appliqué à son propre parti les règles qu’il avait
votées au parlement. Il est également regrettable que M. Juppé, dont les
qualités intellectuelles sont unanimement reconnues, n’ait pas cru
devoir assumer devant la justice l’ensemble de ses responsabilités
pénales et ait maintenu la négation de faits avérés. Toutefois, M. Juppé
s’est consacré pendant de nombreuses années au service de l’État, n’a
tiré aucun enrichissement personnel de ces infractions commises au
bénéfice de l’ensemble des membres de son parti, dont il ne doit pas
être le bouc émissaire. »
Il démissionne le lendemain de son dernier mandat, celui de maire de
Bordeaux. Nombre de commentateurs estiment alors qu’« Alain Juppé paye
pour Jacques Chirac » et que, bien que l’ancien Premier ministre soit
condamné pénalement, la justice a reconnu Jacques Chirac comme
responsable moralement17.