Autant l’avouer, j’ai longtemps été sceptique sur cette mesure. Alors que l’idée avancée par Robert Rochefort, le député européen en charge des affaires économiques de Bayrou, de privilégier la qualité (par exemple avec des garanties plus longues pour les produits) me paraissait intéressante et aussi bénéfique au niveau environnemental, l’effet d’un simple label « produit en France » avec un pourcentage me semblait peu efficace.
Il semble que j’ai eu tort, et Bayrou raison.
Depuis que Bayrou a emis cette proposition, on ne compte plus le nombre de publicités allant dans ce sens (voir par exemple celle sur la Toyota Yaris), et les labels qui fleurissent sur de nombreux produits, preuve que les producteur ont intégré que les consommateurs étaient effectivement sensibles à un certain patriotisme économique.
Certes, il y aura toujours nécessité de produits à coût réduits, souvent réalisés dans des pays à bas coût salarial, mais dans les gammes intermédiaires et supérieures, nombreux sont les consommateurs prêts à faire un effort financier de quelques pourcents si le produits a effectivement été fabriqué en France. Or, il suffit d’un déplacement de 10% de nos achats vers des produits « français » pour rétablir l’équilibre de notre balance commerciale...
L’auteur propose ici un mécanisme intéressant de mise en oeuvre ; l’important sera a lisibilité et la validité du label. Mais sur ce sujet, comme auparavant sur la dette publique, Bayrou a fait preuve d’une réelle clairvoyance.