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Adamantane-Freemen69 Adamantane-Freemen69 28 juin 2006 00:54

J’arrive un peu tard dans le débat. Mais cela me donne l’avantage d’avoir lu les diverses informations.

En dépit d’une formation initiale de bon niveau - confortée par une pratique professionnelle étalée sur un demi-siècle - à la lecture de textes de toutes natures, du plus juridiquement abscons au plus poétiquement délirant, je n’ai pas compris grand’chose à l’article initial.Autrement dit, peu d’information intelligible. Peut-être un procédé pour engendrer discussion... ?

Les dialogues entre l’auteur et les commentateurs, s’ils n’entament en apparence pas la courtoisie formelle de l’auteur, sont souvent sans autre intérêt que les questions posées (ce qui ne veut pas dire que lesdites questions n’aient ni utilité ni pertinence), la réponse de l’auteur étant trop souvent latérale, ou pseudo-humoristique, et déconnectée du fond. Autrement dit, peu de dialogue constructif. Mais tout de même des apports intéressants. Merci aux contributeurs.

Ceci dit, rien que pour me rasséréner peut-être, le thème de la juste rémunération de l’artiste est effectivement un sujet préoccupant, et je remercie sincèrement l’auteur de l’article de l’avoir exposé.

- 1-La première distinction que j’aurais envie de faire est celle du professionalisme. Par ce mot je n’entends pas la compétence, car je rencontre des amateurs qui maitrisent mieux leur art que des professionnels déclarés. Non plus la capacité à théoriser, car je rencontre autant de théoriciens didactiques qui n’ont rien compris à un art que de praticiens intuitifs incapables de réflexion transmissible. Je parle de celles et ceux pour qui une activité réputée artistique est la principale source de revenu.

Ma première question est :

faut-il traiter les professionnels et les amateurs de la même manière ?

En effet l’amateur a d’autres sources de revenus assurant sa sécurité, et de reconnaissance de son image sociale. Le professionnel, lui, dépend entièrement du produit de son activité artistique. Ne lui appartient-il pas d’assumer le risque de ce choix ?

- 2-La seconde distinction que je pense nécessaire est celle qui sépare l’auteur de ses ayant-droit. Les pires ne semblent d’ailleurs pas être les distributeurs rémunérés, mais les héritiers. Ceux-ci en effet n’ont pas fait d’autre effort que d’être conjoints ou descendants, alors que ceux-là ont tout de même, contractuellement, investi quelque argent et quelques efforts pour vendre le travail de « leur » artiste.

Ma seconde question est :

faut-il considérer le droit d’auteur comme une marchandise ?

A noter que dans d’autres domaines tout aussi honorables et créatifs (technologie, etc.) les inventeurs appointés par une entreprise se voient légalement « dépossédés » de leurs droits sur leurs innovations, ladite entreprise jugeant, à assez juste titre, qu’ils sont payés pour avoir des idées...

- 3-La troisième distinction qui me vient à l’esprit se situe entre les productions de nature prédiffusable et celles qui demandent un acte unique mais répété. Je m’explique. Un texte, un morceau de musique, une image,sont dans l’état actuel des moyens de diffusion faciles à échanger et faciles à reproduire. L’invention du livre a initialisé le processus. La participation à une représentation de théatre, un concert, une exposition de peinture, dans l’état actuel des choses, demeure une expérience artistique personnelle non diffusable.

En fait, le problème posé l’est par les moyens, plus que par les fins. Dès lors que l’on sait échanger des informations - d’ailleurs sans lien probant avec leur valeur « artistique » - entre deux sites, en court-circuitant les médias payants antérieurs, le débat est engendré. Il l’est non par des questions de principe sur la propriété de l’oeuvre, mais par des questions bien « sonnantes et trébuchantes » sur l’évolution des revenus des détenteurs des médias ainsi court-circuités. Dans les années 1500, les prédicateurs qui lisaient la Bible en chaire ont dû porter plainte contre les imprimeurs qui leur gâchaient le métier ?!

Ma troisième question est :

si l’artiste professionnel veut vivre de son art, faut-il qu’il en confie la commercialisation à des intermédiaires qui feront tout pour sauvegarder leur pourcentage (pas nécessairement immérité), ou doit-il l’assurer lui-même (comme c’est l’usage dans pas mal d’autres professions) ?

Je ne fais que poser trois questions...




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