J’aime bien les grecs mais putain quel foutoir. Leurs administrations sont pleines de gens dont on se demande s’ils travaillent ou s’ils font semblant. Leurs horaires de boulot sont aussi fantasques que leur deuxième ou troisième job. Non qu’ils ne bossent pas, mais, de mes amis grecs, je ne parviens pas toujours à comprendre ce qu’ils font vraiment dans leur journée et de quoi ils vivent concrètement. Il y a la fille à papa qui « bossouille » à ses heures dans une officine d’Etat mais qui tire l’essentiel de ses revenus de son père qui possède des stations d’essence, il y a ce gars tiré à quatre épingle qui tient une galerie d’art moderne, il y a ce patron du club de plongée local, il y a ce pêcheur qui ne prend plus grand chose dans ses filets. Pour chacun des quatre, tout porte à croire qu’une puissance occulte tire les ficelles en coulisse, comme si ces vies étaient suspendues à je ne sais quel arbitraire du destin ou main invisible. En tout cas, c’est l’impression que ça me fait. L’argent est liquide, la carte bleue invisible. Leurs maisons sont modestes ou très luxueuses, design moderne de préférence, il n’y a pas de véritable classe moyenne. En tout cas, tous semblent s’accommoder des petits arrangements avec ou sur le dos du fisc, de l’Etat. Il y a les gains officiels et les gains officieux et apparemment, tout le monde semble y trouver son compte.
L’entrée dans l’Europe, a été pour eux beaucoup de fric d’un seul coup à se faire puis à dépenser pour un peuple qui avait pris l’habitude de faire selon sa bourse et coutumes.
Le retour de bâton, ici comme ailleurs (Portugal, Espagne,...) n’est pas surprenant car hautement prévisible. Une économie dopée artificiellement aux subsides et qui était en quelques années devenue tel un drogué en état de manque. Faut-il maintenant administrer au patient une cure de désintox, un sevrage radical, de la méthadone de substitution, ou faire comme chez nous, où l’on préfère éviter de regarder le malade droit dans les yeux ?