« D’autant plus que c’est impossible. Vous croyez qu’on ne le sait pas ? »
Voilà un argument de droite tout à fait fallacieux pour qui connait la situation politique en Allemagne (J’y vis en grande partie). La vie politique en Allemagne ne se réduit pas au prétendu dogmatisme de Madame Merkel qui est plutôt la marque de son impuissance à gouverner sa coalition jusqu’en 2013. Elle sait déjà qu’elle devra gouverner bientôt avec le SPD et les verts, si elle peut encore participer au gouvernement d’ une grande coalition CDU/SPD/Verts (ce qui n’est pas gagné pour elle !). Le SPD et les verts sont sur les positions d’un élargissement du plan de stabilité transformé en plan de solidarité et sont prêts à remettre l’ouvrage sur le métier dans le sens de François Hollande (voir la programme commun PS/SPD)
Tous les économistes sans exception savent et disent que ce MES est insuffisant , y compris pour l’économie allemande qui est elle aussi au bord de la récession et pour la société, laquelle est profondément déchirée par la pauvreté. Le MES va, à terme, dans le mur, mais, en attendant mieux, s’il est nécessaire à très court terme, il est catastrophique à moyen terme . Ce qui explique l’abstention politique rigoureuse du PS qui ne pouvait s’opposer à une aide immédiate à la Grèce dans l’attente, après les présidentielles, d’un nouveau traité qui inclura un changement profond de la politique économique et sociale de l’Union.
Ne faites pas semblant de ne pas comprendre la situation et évitez de croire la droite sarkozyste sur parole, en particulier à propos de l’Allemagne dont le prétendu modèle est refusé par de plus en plus d’allemands, laquelle parole n’a rien d’évangile, quoique vous en dites, mais tout de la voix de son maître : l’infime minorité des spoliateurs financiers qui nous ont conduit au désastre dont ils cherchent encore à profiter avant leur fin politique. Ils sont assez lucides pour l’anticiper...