Selon l’ONU, les victimes de Houla ont été exécutées. Pas à coups d’obus syriens !
Par Guy Delorme, le 29 mai 2012
"« La grande majorité des victimes de l’attaque contre le village syrien de Houla ont été exécutées« .
C’est ce que vient d’annoncer, ce mardi, Rupert Colville, porte-parole
du Haut Commissaire aux droits de l’homme de l’Onu. Colville, dont les
déclarations sont diffusées par les agences de presse et les principaux
médias occidentaux, s’appuie sur les résultats d’une enquête menée sur
place par les observateurs du général Mood.
« Près de 90 personnes ont été exécutées, d’autres ont été tuées par des tirs d’artillerie » a déclaré M.Colville se référant à la mission d’observation de l’ONU. Selon des témoins de la tragédie, ajoute-t-il, les « shabiha », miliciens à la solde du régime syrien, seraient responsables du massacre.
Une première version qui ne collait pas
C’est donc un correctif très sérieux aux premières analyses
faites par le général Mood devant le Conseil de sécurité, qui
concluaient à la mort de la centaine de victimes par des éclats d’obus
et aussi par des exécutions « à bout portant ». Cette
première interprétation de Mood avait entraîné le vote à l’unanimité du
Conseil d’un texte mettant en cause le gouvernement syrien et notamment
son utilisation conte les civils de ses chars et de son artillerie.
Les médias, à la suite des diplomates et de l’ONU, avaient
annoncé que 108 personnes, dont 49 enfants, avaient trouvé la mort lors
des tirs d’artillerie sur Houla les 25 et 26 mai. Des traces de violence
et des blessures par balles avaient cependant été détectées sur
plusieurs corps. La diplomatie russe, au plus haut
sommet, a soulevé à plusieurs reprises, au cours des dernières 48
heures, la question des blessures observées sur nombre de corps, ou
encore le fait que ceux-ci ne portaient pas les traces de terre ou de
débris que n’auraient pas manqué d’occasionner l’explosion des obus (voir notamment notre article « Kofi Annan rencontre Bachar, la Russie se pose des questions sur Houla », mis en ligne le 29 mai).
Les autorités syriennes ont rejeté lundi la responsabilité
de l’attaque meurtrière sur les combattants islamistes radicaux dans une
lettre envoyée au Conseil de sécurité des Nations-Unies. Auparavant,
les médias syriens ont annoncé que les assaillants avaient utilisé des
couteaux, ce qui constitue un signe distinctif des islamistes. D’après
le ministère syrien des Affaires étrangères, l’attaque contre Houla a
été perpétrée par plusieurs centaines de terroristes armés – » deux à trois cents »
convergeant sur le secteur de Houla à bord de 4×4 ou de voitures à
plate-forme à partir de Rastan et deux ou trois autres localités de la
région de Homs.
Le massacre, a souligné le porte-parole du gouvernement
syrien, rejoint par de hauts-responsables de la diplomatie russe, a eu
lieu à la veille de la visite à Damas de l’émissaire des Nations unies
et de la Ligue arabe Kofi Annan.
Il semble donc que des artilleurs on soit passé aux
miliciens de Bachar. Or c’est bien sûr une accusation qui a été formulée
par des partisans de l’opposition se présentant comme témoins des
tueries. On verra à quoi conclut le rapport que doit remettre en
principe sur cette tragédie la commission d’enquête de l’ONU sur la
Syrie. Mais on doit quand même se souvenir que l’attribution
systématique des morts de civils syriens à l’armée, ou à défaut, aux
chabihas, est un « classique » de la propagande CNS/ASL/OSDH. Certains
parlent de représailles d’alaouites contre un village sunnite et acquis à
l’opposition. On est quand même dans le flou le plus
total, mais c’est néanmoins sur la base de ce flou et d’informations
apparemment inexactes qu’on a mis une nouvelle fois le gouvernement
syrien sur le banc des accusés.
Au fait, si jamais le rapport onusien
conclut à une responsabilité, même partielle, de groupes d’opposition
dans ce massacre, est-ce que Hollande et ses épigones occidentaux,
paieront un billet de retour aux ambassadeurs syriens qu’ils viennent
d’expulser sous le prétexte du drame de Houla ?"
source : http://www.infosyrie.fr/actualite/selon-lonu-les-victimes-de-houla-ont-ete-executees-pas-a-coup-dobus-syriens/
Conclusion
Tous les moyens semblent bon pour les occidentaux pour faire main basse sur le gaz syrien comme sur le pétrole en Libye.