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SEPH SEPH 16 juin 2012 09:49

Au cours de son point de presse syrien de mercredi 13 juin 2012, Laurent Fabius a agité, après les Américains, la menace d’une résolution du Conseil de sécurité imposant l’exécution intégrale et immédiate du plan Annan au gouvernement syrien – et à lui seul – par le recours au chapitre VII de la Charte des Nations-Unies. Ce chapitre VII autorise « tous les moyens nécessaires » à l’application des décisions du Conseil de sécurité. Et l’on voit bien où Fabius voudrait en venir. Des sanctions supplémentaires, bien sûr, et plus si « amitié »…

Mais tout ce qui passe par le Conseil de sécurité passe nécessairement par la Russie et la Chine. La Chine qui a fait savoir dès jeudi qu’elle ne jugeait pas cette initiative française « pertinente ». La Russie devrait avoir la même analyse globale, si elle daigne réagir à cet énième exocet (sans charge) diplomatique.

Ce qui est accidentel et ce qui est structurel

Parmi la meute d’ONG accrochées aux basques de Bachar al-Assad, c’est Amnesty International qui se distingue ces dernières heures en accusant le régime de commettre des « crimes contre l’Humanité« , recyclant notamment les accusations de l’OSDH sur les meurtres d’enfants par les soldats syriens. Amnesty prétend détenir des preuves de ces crimes, grâce à une enquête menée par une de ses « spécialistes de situation de crise« , Donatella Rivera. Qui a donc pu se rendre dans 23 villes et villages de Syrie où elle a recueilli des témoignages d’habitants sur les exactions perpétrées par les soldats et chabihas.

Nous avons déjà dit, nous le redisons, que nous ne sommes pas dans le manichéisme que nous dénonçons, à bon droit, chez les autres. Et donc, même si nous soutenons le gouvernement en place, parce qu’il incarne depuis 16 mois le principe de résistance nationale à l’ingérence et à la manipulation, nous ne croyons pas qu’il est blanc comme neige. Dans une guerre anti-terroriste de l’intensité que connait la Syrie, où les activistes s’incrustent à dessein parmi les populations civiles, les exactions, les bavures sont, sur le long terme, inévitables : ni les Américains au Vietnam, puis en Irak et en Afghanistan, ni les Français en Algérie n’y ont échappé. On nous rétorquera que l’armée de Bachar combat des Syriens. Et nous rétorquerons à notre tour qu’elle combat pas mal de volontaires islamistes étrangers. Et que de toute façon les guerres civiles sont les plus inexpiables, surtout quand, d’un côté, on trouve des fanatiques islamistes ayant le culte et la culture du martyr et pour qui il est juste et agréable à Dieu que soit versé le sang des impies. Nombre de soldats syriens savent que nombre de leurs camarades ont été tués dans le dos, ou égorgés par ces fanatiques quand ils ont eu le malheur de tomber entre leurs mains. Sur la guerre civile, toutefois, nous maintenons qu’il n’y en a pas, l’opposition radicale ne faisant bouger qu’une partie à l’évidence très minoritaire de la population. En Syrie, il y a une guerre anti-terroriste. contre des bandes armées, pas contre des civils à mains nues. Mais c’est un des trucages de l’opposition de faire passer des combattants irréguliers tués pour des victimes civiles.

Et puis il y a les vieilles inimitiés communautaires, que l’opposition sunnite radicale a tout fait pour raviver dans une Syrie où le laïcisme et l’autoritarisme avaient malgré tout mis ces rivalités ancestrales sous le boisseau.

Bref, nous ne disons pas qu’il n’y a jamais eu de crimes et d’exactions du côté du pouvoir, ou de ses troupes, dans un contexte de violence paroxystique. Nous nions en revanche que ces exactions soient une pratique systématique. et nous mettons en doute, sur la base de tout ce que nous lisons et décryptons de puis plus d’un an, la fiabilité et l’authenticité de témoignages récoltés par madame Rivera : les partisans de l’opposition ont prouvé qu’ils avaient l’imagination fertile devant des micros occidentaux.

Et puis, une fois encore, Amnesty aurait plus de crédibilité à nos yeux si l’organisation enquêtait sur les nombreuses exactions d’en face, qu’a reconnu, par exemple, une ONG nettement anti-Bachar comme Human Rights Watch. Mais peut-être que celles-ci feront l’objet d’un deuxième rapport de Donatella Rivera, qui sera (forcément) moins médiatisé.

Lourde et transparente allusion anti-Qatar de l’Irak

Puisqu’on parle de sang innocent répandu, signalons cette mise en cause par le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki des pays pourvoyeurs de fonds aux groupes armés, qui ont selon lui une lourde responsabilité dans les violences et les morts d’innocents qu’elles entraînent. S’exprimant sur la chaîne al-Mayadine (la toute nouvelle chaîne d’information continue arabe fondée par des dissidents d’al-Jazeera), le chef du gouvernement irakien – très bien placé pour apprécier ce que sont l’ingérence et la déstabilisation via l’instrumentalisation du terrorisme – a donné son sentiment sur la situation prévalant chez son voisin : « Le peuple syrien est le seul à pouvoir décider de son avenir, via le dialogue entre toutes ses composantes« . Le peuple syrien seul « et non pas les puissances qui veulent assurer leur hégémonie sur le monde arabe et installer partout des régimes alliés à elles » précise al-Maliki.

L’allusion au Qtar et à l’Arabie séoudite n’aura pas échappé à grand monde et surtout pas aux puissances visées. La sortie du Premier ministre irakien est d’autant plus digne d’intérêt qu’on sait que son pays assure depuis mars la présidence tournante de la Ligue arabe. On avait, chez les amis de la Syrie telle qu’elle est, conçu de grands espoirs sur ce « changement de direction », après une année de présidence qatarie marquée par une hostilité de plus en plus radicale de l’organisation pan-arabe, qui a suspendu la Syrie. Depuis, on a dû déchanter, la Ligue arabe demeurant, malgré l’Irak, une machine de guerre anti-syrienne, et une auxiliaire de l’ONU, sinon de l’OTAN. Le Qatar continue de dicter sa loi à la diplomatie arabe, malgré les réticences de pays comme l’Algérie, la Mauritanie, le Liban. Et l’Irak qui malgré tout continue régulièrement de prendre de positions favorables à Damas, ou au moins hostiles à la ligne maximaliste prônée par Nabil al-Arabi, secrétaire général de la Ligue. L’Irak qui est un allié de l’Iran, plus encore que de la Syrie. Bref, le gouvernement irakien est contraint à une sorte de schizophrénie diplomatique, votant certaines résolutions anti-syriennes, quitte à émette des « réserves« , mais tentant de rééquilibrer cela par des déclarations comme celle évoquée plus haut. C’est l’Orient compliqué, et compliqué de toutes les façons par les nombreux protagonistes, arabes ou non, de la crise syrienne.

Le gouvernement français a chaussé les bottes de guerre de Sarkozy pour attaqué un pays libre, mais qui a le tord d’avoir de très importantes réserves de gaz. Le colonialisme a toujours été l’action favorite des sociaux-démocrates ainsi que l’empressement a servir l’Empire et Israêl. Le PS est le Parti Sioniste.

Sources :

http://www.infosyrie.fr/actualite/sur-les-crimes-contre-lhumanite-du-regime/&nbsp ;

http://www.infosyrie.fr/actualite/les-mensonges-et-contradictions-de-laurent-fabius/&nbsp ;

http://www.infosyrie.fr/actualite/deux-aspects-de-laction-de-lasl-qui-ont-echappe-a-l-fabius/


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