Ah, je vous dois encore une réponse au sujet de l’« asymptote » :
En effet, par définition, ce qui est asymptotique n’est jamais atteint, mais c’est justement cela qui est roboratif à mes yeux, le fait de se lever chaque matin pour effectuer une partie du chemin et se dire concomitamment que ce chemin est sans fin.
Philosopher, c’est remettre chaque jour sur le tapis ce que l’on a acquis la veille, avec risque de tout perdre, et on perd toujours un peu, ce qui nous éloigne d’autant d’un « absolu ».
Mais ce n’est pas parce que l’absolu nous est inaccessible... qu’il n’existe pas. Voilà, selon moi, l’erreur de la modernité, douter de toute absoluité sous prétexte qu’elle requiert des efforts surhumains, et s’abaisser ainsi à tout relativiser.
Alors oui, il faut croire à l’existence de l’absolu, mais pour ne pas en faire l’objet de la tyrannie, il convient, comme vous le dites, de ne pas négliger l’humilité.