Comme vous, j’ai été très affligé d’apprendre que la caravane à bétonner les cerveaux allait emprunter ce fragile chemin d’alpages. Les véhicules publicitaires ne l’emprunteront pas, mais les spectateurs, oui.
Des travaux d’aménagement ont déjà commencé.
C’est, voyez-vous, que la nature fait peur lorsqu’on l’abandonne à son improvisation. Il faut la repeupler de sauvages dont on prétend ainsi maîtriser les instincts. Les uns ont commencé par envoyer les loups et les ours. D’autres, maintenant, envoient les touristes. Les contradictions entre ces comportements ne sont qu’apparentes. Leur finalité commune consiste à flatter nos instincts de démiurges sans repères.
Tout cela procède des mêmes peurs : celles qui nous abrutissent lorsque l’on ne croit plus qu’a soi-même.