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Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque (Courouve) 27 octobre 2012 12:57

L’égalité des droits selon 1789 n’a jamais signifié que hommes et femmes soient identiques, interchangeables, en toutes situations ; l’équivalence entre homosexualité et hétérosexualité est une erreur dérivée, basée sur cette identité primaire supposée entre homme et femme, et sur la symétrie linguistique de ces termes inventés en Allemagne dans la seconde moitié du XIXe siècle, puis transposés en français à la fin de ce même siècle. Cette symétrie linguistique induit une fausse symétrie dans la réalité. Mais faire de l’homosexualité revendiquée la base de l’ouverture de droits, comme le droit au mariage, reviendrait à reconnaître ce « troisième sexe » imaginé par ces auteurs allemands (K. H. Ulrichs, Heinrich Marx et Magnus Hirschfeld ; les deux premiers avaient déjà revendiqué l’accès au mariage) mais récusé, pour cause de manque de fondement biologique, par Sigmund Freud et André Gide, notamment.


 On peut aussi considérer cette revendication comme une exigence communautaire de modification de la règle républicaine.


 Toute inégalité, toute différence de traitement, n’est pas une discrimination, ni une injustice, contrairement à ce que nous assène quotidiennement la démagogie égalitariste, comme si le principe de l’égalité des droits devait effacer toute différence concrète. L’égalité des droits des citoyens, libres individus, les uns par rapport aux autres, n’entraîne pas plus l’égalité juridique des couples homo et des couples hétéro (le couple n’est d’ailleurs pas une personne morale), qu’elle n’entraîne l’égalité juridique entre les associations loi de 1901, les S.A.R.L. et les S.C.I., ou encore l’égalité juridique des associations cultuelles et des syndicats. En d’autres termes, l’égalité des droits des citoyens français (article 1er de la Constitution) n’est pas l’égalité des droits conférés par des situations différentes (situations créées par des engagements personnels) ; cette distinction est devenue un principe constant de la jurisprudence du Conseil constitutionnel. L’égalité formelle des droits de l’individu (l’homme, le citoyen) n’implique donc ni l’identité des situations concrètes, ni celle des diverses institutions contractuelles. Gommer les termes « père et mère » dans le Code civil, les remplacer par « parents », (ancienne proposition de loi des Verts n° 1650, reprise depuis), nous rapprocherait davantage du cauchemar d’Orwell (1984) que de la société idéale.


Cela me fait penser à cette remarque du juriste calviniste Jean-Louis De Lolme :


« C’est un principe fondamental chez les gens de robe de ce pays-là, que le Parlement peut tout, excepté faire une femme d’un homme, et vice versa. » (Constitution de l’Angleterre, I, ix).


Avec le « mariage homo », c’est un peu ça, puisque cela reviendrait à considérer l’un des conjoints comme appartenant à un autre sexe que le sien.


En ce qui concerne la justice fiscale, le « mariage homo » ne résoudrait qu’une toute petite partie du problème, puisqu’un célibataire (et les célibataires sont très nombreux) peut très bien vouloir léguer ses biens à un ou plusieurs amis sans que le fisc en prenne la moitié. Cela souligne le côté déplaisant qu’il y a, de la part du lobby gay, à vouloir s’aligner sur la traditionnelle conjugalité hétéro. La justice fiscale exigerait plutôt que l’on supprime tous les avantages accordés aux couples mariés ou pacsés n’ayant pas charge d’enfants.


http://laconnaissanceouverteetsesennemis.blogspot.fr/2011/05/le-mariage-homo-retour-de-la-theorie-du.html


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