Maurice
Je vois souvent
arriver le mot « troll » dans les commentaires sans que jamais en soit
donnée une définition. Je comprends que le mot est péjoratif et que c’est une
invention bien pratique pour ceux qui enferment les débats dans des limites par
eux définies : est troll celui qui pense que, sur un sujet en discussion, il y
a à réfléchir en dehors de ces limites. En ce sens j’ai l’impression que le
peuple presqu’en son entier est « troll » pour les « grands »
médias radio et télé du pays. Des journalistes omniprésents et omnipotents savent ce dont il faut discuter et comment il faut le faire.
Le peuple, lui, ne sait pas, il « est troll ».
Dans les sites ouverts
à tous comme Agoravox la tentation est grande de recréer cette situation : sont
trolls ceux dont les commentaires n’étaient pas attendus par les auteurs des
articles, surtout si ces commentaires sont très critiques.
Cette forme
d’ostracisme conduit bien souvent à la fuite en avant dans l’indignation sans
contenu (au moins on est bien vivant quand on s’indigne) ou au contraire au
constat que « tout est foutu » (et il n’y a plus alors qu’à se laisser
mourir en répétant « qu’ils » sont « tous pourris »).
Je vois souvent
arriver aussi, dans les commentaires, des allusions « aux copains » de
celui qu’on critique ou, pire encore, à ses « mauvaises pensées » et
« positions politiques » qu’on a « devinées » chez lui. Lui
comprendra qu’on lui a purement et simplement inventé d’infréquentables copains
et d’inavouables conceptions sociétales mais on aura réussi à faire en sorte
que ses positions réelles ne soient pas exprimées, et le but aura été atteint,
on restera à discuter entre proches ou/et adversaires caricaturaux dont les
proches comprendront qu’il faut « les trollérer » pour s’en amuser.
Et c’est ainsi que les
»réseaux sociaux" reproduisent ce contre quoi ils se sont créés.
On peut citer au moins
deux « sujets de discussion » qui cessent ainsi rapidement d’être
réellement discutés, puis qui sont carrément étouffés, aussi bien sur les sites
ouverts que dans les « grands » médias radio et télé : les dégâts
provoqués par la croissance de la production et de la consommation matérielle
et, par ailleurs, la violence religieuse effective issue des conceptions
criminogènes toujours enseignées par les religions. Dans les deux cas il s’agit
de problèmes gravissimes. Pas moins que la prochaine impossibilité de survir
sur la planète dans le premier cas, pas moins que l’impossibilité de détruire
la violence dans le monde où vivront nos enfants dans le second cas.
J’exagère ? Oui. La vérité c’est qu’on rappelle au contraire très souvent la réalité du premier cas (les dégâts gravissimes de la croissance matérielle)... puis on passe aux »choses sérieuses« : bon alors, comment augmenter la croissance et la compétitivité des entreprises ? Dans le second cas on revient toujours à la possibilité, chez nous au moins, de »bouffer du curé« (de préférence en respectant tout de même, au moins institutionnellement, les indignes »dignitaires« religieux pérennisant la »juste violence" de Dieu)
Dans le présent
article et dans les commentaires qui le suivent, seules différentes formes
d’indignation sont, une fois de plus, présentées comme de possibles
« solutions » à une « crise » qui n’en est pas une : le résultat très normal du choix de l’économisme (l’homme est au service de l’économie et non
l’inverse) fait normalement par la Droite, puis très anormalement par la pseudo-Gauche toutes tendances confondues.
C’est ce que j’ai voulu dire dans mon propre commentaire. Si je l’ai mal fait
et n’ai déposé qu’une remarque susceptible de décourager ceux qui cherchent vraiment
des vraies solutions je les prie de m’en excuser. Et je leur souhaite
sincèrement bon courage et bonnes chances. J’espère vivement qu’ils réussiront.
Cordialement.