Longtemps, j’ai eu de la considération pour Siatom ( un peu cette vieille tante de Proust commençait son du côté de chez Swan par « longtemps, je me suis couché de bonne heure » et Camus son étranger par « aujourd’hui, maman est morte »).
Enfin, de la considération pour sa prose, ses idées gentiment acides, son refus du consensus mou ( sauf pour les greffiers), sa réticence marquée à prendre son tour de garde chez les bien-pensants de permanence.
Mais là...
Siatom « pousseur de fonte », mettant sa fièrté dans ses « pec », se mouchant du triceps comme les marins de Brel pissaient sur les femmes infidèles...
Non, j’y crois pas. Ca cadre pas. Pour avoir pas mal fréquenté cette engeance que sont les cultureux ( peu cultivés, le plus souvent) il y a une quinzaine d’année, je ne peux me résoudre à cette triste nouvelle...
Siatom courant le vaste monde pour acheter aux USA je ne sais quelle poudre de protéïne (pronnoncez « prot. »), je ne sais quel « burner » pour faire saillir les muscles en période de séchage avant concours...
Ah, je savais par nature et par profession que la nature humaine est insondable, mais j’en ai là une nouvelle preuve.
Bon, on mettra cela sur le compte d’un trauma infantile, d’une revanche sur les moqueries de cour d’école à propos d’ une possible chétivité.
Le désir de se voir entouré de femelles à couvrir, de passer pour le mâle protecteur, donc dominant.
Alors que moi, par exemple, je cherche juste à passer pour une caravane, pour un chien qui n’en démord pas.
Ah, la vie n’est pas simple.
J’en rallumerai presque une clope, mais ch’peux plus.