Eh bien, je vais encore me faire
moinsser en reprenant la substance de messages récents. Il semble en
effet que sur Agoravox le seul droit soit désormais de
dire la même chose que Mme Walter ou vous-même et que
critiquer le PG soit politiquement incorrect. Tant pis !
Pour moi, le PG est décevant en raison
de son sectarisme et de ses erreurs de stratégie.
En ce qui concerne la nature sectaire
du PG, les démissions de MM F. Pupunat et surtout C. Debons, plus
encore que celle de Mr M. Dolez, en sont à la fois la conséquence
et la démonstration. Je l’avais ressentie dés la première réunion
publique de St Ouen ; c’est d’ailleurs en partie pour cela que
je n’avais pas adhéré.
Le PG aurait pu être un parti de
rassemblement. Le choix de ses dirigeants a été d’en faire une
sosie en un peu plus gros, de feu le NPA (d’accord, le NPA n’est pas
mort ; il est seulement dans le coma, et définitivement). Donc
un parti quasiment sans élu, peu présent dans la plupart des
régions, sans influence dans les syndicats ou associations, avec peu de sympathisants au-delà de ses adhérents. Et il est
effectivement inaudible : je sais bien, c’est une honte de le
répéter puisque c’est Libération qui l’a écrit. L’ennui, c’est
que c’est vrai.
Que le PS se réjouisse de cet état de
fait et fasse tout pour éliminer le PG, c’est un évidence
indiscutable. Encore conviendrait-il que le PG ne lui facilite pas la
tâche.
Quand je parle d’erreurs du PG, ce
n’est certes pas à son opposition au pouvoir actuel que je pense. En
cela, il a parfaitement raison.
Je vise par contre, comme certains de
ceux qui l’ont quitté, sa stratégie « Front contre Front ».
Des déclarations de Mr Mélenchon se
présentant comme leader naturel d’une hypothétique majorité
alternative frisent la mégalomanie ; elles peuvent aussi donner l’impression
que son opposition à la majorité actuelle cache une revendication de postes
et de pouvoir. Personnellement, je ne le pense pas, mais l’ambiguïté
existe.
Les relations du PG et du PCF sont
difficiles, ce qui est en soi normal. Le PG ne paraît pas s’y
montrer très habile. Au sein du FdG, il ne cesse d’avaler les
couleuvres en matière d’élections. Il finit en général par
s’aligner sur les positions politiques, souvent opportunistes, du
PCF. Les seules exceptions sont, à ma connaissance Notre-Dame des
Landes et le nucléaire. Alors la revendication de Mr Mélenchon
d’avoir un titre de président (?) ou co-président (?) ou animateur
(?) était à la fois dérisoire et maladroite.
Mais son principal handicap n’est pas
là. C’est d’avoir choisi le mythe de l’ « Europe
sociale », miroir aux alouettes que même le PS n’ose plus
montrer. On ne le dira jamais assez : aucune politique de gauche
n’est compatible avec l’Union Européenne, car c’est le but et la
nature même de l’U.E. de les rendre impossibles. La gauche, FdG ou pas, ne
deviendra une alternative que lorsqu’elle fera le choix de sortir de
l’U.E. et qu’elle développera une stratégie pour y arriver.
En attendant, le FdG laisse un
boulevard au F.N., y compris dans les milieux populaires.
Voilà. Pour vous, Mr Sydney, je fais
donc partie des crypto-PS et des libéraux déguisés acharnés à
perdre votre parti.