• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile


En réponse à :


Asphodèle (---.---.63.137) 11 septembre 2006 14:02

Bonjour,

Intéressant article qui nous prouve que l’Espéranto est, non seulement bien vivant, mais en plein essor !

C’est vrai qu’il est très agréable de lire les poètes et les hommes de lettre dans leur langue d’origine et j’aime tout autant lire des poésies de « Garcia Lorca, que les légendes allemandes, dans la langue originale car les traductions enlèvent, parfois, une grande partie de sa saveur au texte de l’auteur !

Pour pouvoir juger d’une langue, il faut, aussi, avoir l’honnêteté d’en apprendre au moins quelques rudiments essentiels pour pouvoir émettre un avis authentique et non de se contenter de répéter celui d’un quidam, qui, lui aussi le plus souvent, ne juge que par ouï dire ! C’est ainsi qu’après avoir entrepris cette démarche pour l’Espéranto, je peux dire que c’est une langue qui me donne, chaque jour, autant de plaisir, et tout autant en communiquant avec les Espérantistes dans de nombreux pays du monde, souvent grâce à Internet !

Même si j’ai étudié plusieurs langues, il est évident que je n’aurais pu étudier les nombreuses langues du monde, et l’Espéranto, en cela, me permet de communiquer avec des gens de toute nationalité ! Et comme je me considère comme une terrienne avant tout, j’ai trouvé avec l’Espéranto, la langue de mon cœur !

Alors, si les chansons en Espagnol, ou en Italien, peuvent être et sont un régal pour l’oreille, celles en Espéranto sont aussi plus que très agréables à entendre ! (pas l’allemand, qui est une langue trop gutturale et dure ; je le parle pourtant couramment)

Avant de commencer mon étude de l’Espéranto, il y a 2 ans, je me suis heurtée à la tentative de certaines personnes de me décourager, pour x ou y raisons, et, chaque fois, je me remémorais un poème de Rudyard Kipling que j’aime beaucoup.

Je ne regrette pas, aujourd’hui, d’avoir voulu faire ma propre expérience , de ne pas m’être découragée et d’avoir résisté aux personnes qui voulaient me détourner de mon projet.

Et voici ce poème .....

Si tu peux rester calme alors que, sur ta route, Un chacun perd la tête, et met le blâme en toi ; Si tu gardes confiance alors que chacun doute, Mais sans leur en vouloir de leur manque de foi ; Si l’attente, pour toi, ne cause trop grand-peine : Si, entendant mentir, toi-même tu ne mens, Ou si, étant haï, tu ignores la haine, Sans avoir l’air trop bon, ni parler trop sagement ;

Si tu rêves, - sans faire des rêves ton pilastre ; Si tu penses, - sans faire de penser toute leçon ; Si tu sais rencontrer Triomphe ou bien Désastre, Et traiter ces trompeurs de la même façon ; Si tu peux supporter tes vérités bien nettes Tordues par les coquins pour mieux duper les sots, Ou voir tout ce qui fut ton but brisé en miettes, Et te baisser, pour prendre et trier les morceaux ;

Si tu peux faire un tas de tous tes gains suprêmes Et le risquer à pile ou face, - en un seul coup - Et perdre - et repartir comme à tes débuts mêmes, Sans murmurer un mot de ta perte au va-tout ; Si tu forces ton coeur, tes nerfs, et ton jarret A servir à tes fins malgré leur abandon, Et que tu tiennes bon quand tout vient à l’arrêt, Hormis la Volonté qui ordonne : << Tiens bon ! >>

Si tu vas dans la foule sans orgueil à tout rompre, Ou frayes avec les rois sans te croire un héros ; Si l’ami ni l’ennemi ne peuvent te corrompre ; Si tout homme, pour toi, compte, mais nul par trop ; Si tu sais bien remplir chaque minute implacable De soixante secondes de chemins accomplis, A toi sera la Terre et son bien délectable, Et, - bien mieux - tu seras un Homme, mon fils.

Et je me suis tout autant répété cette poésie de Charles Baudelaire que j’adore et qui nous fait comprendre qu’il n’est jamais trop tard pour apprendre et surtout qu’on a pas le droit de gaspiller son temps en vaines actions y compris celles qui consistent à polluer la vie des autres...

L’horloge

Horloge ! dieu sinistre, effrayant, impassible, Dont le doigt nous menace et nous dit : « Souviens-toi ! » Les vibrantes Douleurs dans ton coeur plein d’effroi Se planteront bientôt comme dans une cible ;

Le plaisir vaporeux fuira vers l’horizon Ainsi qu’une sylphide au fond de la coulisse ; Chaque instant te dévore un morceau du délice A chaque homme accordé pour toute sa saison

Trois mille six cents fois par heure la Seconde Chuchote : Souviens-toi !- Rapide, avec sa voix D’insecte, Maintenant dit : Je suis Autrefois, Et j’ai pompé ta vie avec ma trompe immonde !

Remember ! Souviens-toi ! Prodigue ! Esto memor ! ( Mon gosier de métal parle toutes les langues.) Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues Qu’il ne faut pas lâcher sans en extraire l’or !

Souviens-toi que le Temps est un joueur avide Qui gagne sans tricher, à tout coup ! c’est la loi, Le jour décroît ; la nuit augmente ; souviens-toi ! La gouffre a toujours soif ; la clepsydre se vide,

Tantôt sonnera l’heure où le divin Hasard, Où l’auguste Vertu, ton épouse encore vierge, Où le Repentir même ( oh ! la dernière auberge ! ), Où tout te dira : Meurs vieux lâche ! il est trop tard !

Charles Baudelaire (Les fleurs du mal)


Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON


Palmarès