Votre intervention m’éclaire beaucoup, je vous en remercie. Benoît XVI parle dans ce discours en théologien, et exprime d’ailleurs un enseignement qui est peut-être à prendre comme une réflexion théologique personnelle, et non comme un acte du magistère pontifical. Ce qui signifie qu’il s’offre à une large discussion.
Si la philosophie ne s’arrête pas à saint Thomas, elle ne s’arrête pas davantage à Kant. La question n’est pas de partir de saint Thomas ou de Kant, mais de partir du réel. Or la théologie catholique voit dans saint Thomas celui qui donne à l’intelligence les principes les plus appropriés à cela, sans exclusivité. Par contre, Kant prétend détruire les prétentions métaphysiques de l’intelligence spéculative. On ne peut donc pas dialoguer sur ce thème si l’on part de lui, puisqu’il n’en veut pas.
Là où vous avez raison, c’est que c’est précisément ce type de discussion que veut initier le discours de Benoît XVI, discours proprement héologique dans le sens où il s’agit de discerner comment la philosophie donne au théologien les instruments critiques de sa réflexion.
Cordialement,
Capreolus