La comparaison entre la colonisation européenne et les colonisations antiques brandies ici et là (Grèce, Rome, Islam) est imparfaite et trompeuse : Rome a accordé la citoyenneté romaine à tous les habitants libres de l’Empire à partir de Caracalla (certes, pour des raisons fiscales, mais quand même...), et l’Islam préconisait l’égalité de tous à condition d’adopter la religion dominante. Les Anglais en Inde ont compris dès le début qu’il y avait de telles différences entre eux et les Indiens que leur domination était forcément limitée dans le temps. Et la France a été trop lente à envisager la citoyenneté pour ses colonisés. Or nulle population ne peut accepter à la longue d’être dominée par une autre si elle n’a pas espoir d’être admise un jour sur un pied d’égalité. Le protectorat est, dans cette hypothèse, un moindre mal. On peut se demander ce qui se serait passé si Napoléon III avait eu le temps d’instituer un « royaume arabe » en Algérie, comme il le souhaitait.
A l’heure actuelle, ce qui manque en France (à mon sens), c’est une confiance tranquille dans sa culture et son avenir. On ne peut pas assimiler les nouveaux-venus si on passe notre temps dans l’auto-dérision, l’auto-flagellation, et la soumission des médias à une sous-culture de masse et de m...rde qui met en péril toute transmission d’héritage par l’éducation. Cela passe aussi par le fait d’accepter qu’il y a une culture historiquement dominante en France, d’origine à la fois gréco-romaine, celte et catholique qui peut intégrer d’autres apports mais à des degrés homéopathiques.