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Emmanuel Aguera Emmanuel Aguéra 29 juin 2013 15:50

Bonjour
En ce temps là qui semble le même, toutes les deux nous étions en Grèce De celle-ci , je ne connus pas le pays héllénique et sa gloire du passé. J’avais fui l’enfance avec trois mille kilomètres de distance.
La langue française était mon seul gagne-pain. Je m’occupai d’enfants d’architectes et d’armateurs. Je découvrais les ossements d’une dictature, les cireurs de chaussures, les sols en terre battue, les arbres desséchés d’Athènes à Corinthe. Au pied de l’Acropole, le bitume fondait et les gorges s’étranglaient des souffles chauds d’air vicié. 
Mes consoeurs connaissaient encore l’enfermement. Alors, seule, je prenais souvent mes jambes à mon cou parce que ma peau était celle très prisée d’une irlandaise.
Je découvris aussi la mer d’une couleur si belle qu’elle me transperçait l’âme, la tiropita, l’olive et le fromage blanc de Crète ; pour qui avait faim, la nourriture était sans pareille.
De son âpreté suintait des perles de douceur. 
En ce temps là et plus encore maintenant les dieux avaient abandonné l’Olyme depuis longtemps.


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