@L’ auteur
C’est l’une des meilleures
réfutations que j’ai pu lire du projet de Chouard, bien meilleur que le
précédent article qui était pour moi de la branlette philosophique.
Je soutiens le projet de Chouard,
mais j’admets que vous mettez le doigt sur des points très important.
1.
Concernant la liberté des anciens et celle des modernes,
je pense que ces deux libertés sont incompatibles,
ou l’individu est souverain, ou c’est la communauté à laquelle il appartient
qui l’es. Vous montrez bien que la démocratie Athénienne est inapplicable dans
l’individualisme moderne ambiant !
2.
L’allusion à l’abolition de l’esclavage dans la
société Athénienne qui aurait rendu le régime démocratique impraticable n’a aucun sens, je ne vois pas
ou vous voulez en venir. J’espère que vous ne considérez pas l’esclavage comme
condition nécessaire à ce régime (surtout avec les progrès technologique actuel),
ce serait un contraste d’évoquer un argument aussi idiot dans un article aussi
brillant. J’oublie cette allusion …
3.
Vous posez la question de savoir dans quelle
mesure la liberté individuelle moderne pourrait être le vecteur de la liberté
politique tel que l’entendait les anciens … ma réponse est claire nette et
précise : c’est impossible !
La liberté politique telle que l’entendait les anciens requiert la perception
de la société comme communauté holiste et organique, qui est au dessus de
l’individu. Considérer que chaque
être humain est seul maitre de lui-même est déjà une entorse grave à la liberté
politique dans anciens , ce paradigme ne peut produire que des sociétés
individualiste et utilitariste qui ne sont que des enchevêtrements d’associations volontaires à travers lesquelles chacun peut
travailler aux fins qu’il se donne, en coopérant librement avec les autres .Donc selon moi , c’ est bien le libéralisme
le problème ( bien que j’ admet que dans les sociétés antique , le
processus d’ ’ individualisation était déjà bien avancé puisque la propriété
privée existait, mais elles n’ étaient
pas aussi atomisé que les sociétés actuelles
).
4.
Concernant l’éducation à l’esprit critique et de
l’instruction par les progrès scientifiques et l’émancipation individuelle,
c’est un point de vue progressiste déconnecté de la réalité pour moi. La
société de citoyens éclairés, c’est une lubie de philosophes et d’idéalistes,
je crois qu’il faut rester dans le cadre du politique c.à.d. du possible. Kant
parlait de libérer l’Homme de l’état de tutelle par la religion, mais le fait
est que les collectifs humains ne peuvent raisonner qu’en
termes religieux. Libérer l’homme de
la servitude de la religion, c’était vouloir le faire tomber automatiquement
d’une autre servitude religieuse, celle de l’économie, du progrès quantitatif
infini, du droit, de l’individualisme (ce qui est un paradoxe puisque cet
individualisme aurait du contribuer à le libérer de la religion) etc.
5.
Donc, ce n’est pas un accident
si la politique s’est laissé dépasser par les puissances économiques et
financières, c’est le résultat de l’individualisme. Dans la société des
individus souverain, la seule structure qui relève de la vie commune est le
marché, et de ce marché libre ou chacun se préoccupe de ses intérêts égoïstes,
il ne peut émerger que des mastodontes privées qui finissent par prendre le
contrôle du politique. Il n’ ya donc pas un complot du capitalisme roi pour
dépolitiser les individus pour les empêcher de devenir des citoyens éclairés
(croyance absurde d’idéalistes
déconnecté de la réalité), ils étaient destiné à l’être dès qu’ils se
sont mit à considérer que chaque être
humain est seul maitre de lui-même …
6.
Pour revenir
sur le projet de Chouard votre réfutation est excellente mais voilà comment je
la réfute à mon tour : dans le cadre de sociétés individualistes et utilitaristes,
l’économique supplantera toujours le politique. La seule manière de limiter le pouvoir des mastodontes économiques
sur la société est de donner aux citoyens un contre pouvoir, un moyen par
lequel ils peuvent contrebalancer les pulsions prédatrices de ces entités. Je
ne crois pas à une démocratie Athénienne dans la société moderne, ceci dit on peut s’inspirer de certaines choses comme
des magistratures tirées au sort. Pourquoi pas une combinaison de chambres
de députés et de chambre tirées au sort ? Ca ne résoudra pas le problème
mais ça le rendra moins mauvais. »En politique le choix
est rarement entre le bien et le mal, mais entre le pire et le moindre mal">span>
« Le prince », Nicolas Machiavel.