@ Cet extrait du Courrier peut aussi aider à comprendre une bonne partie du problème :
"En clair, selon les plans du FMI, l’Afrique donne la priorité à l’exportation (...). Une telle politique a évidemment pour but de récolter les devises utiles au paiement de la dette sans les dépenser dans des politiques publiques. Mais vu que les prix des matières premières ne cessent de chuter, que les capitaux internationaux boudent l’Afrique et que les pays riches du Nord ferment leurs marchés aux produits manufacturés du Sud, une telle politique a comme conséquence de plonger le contient africain dans une pauvreté toujours plus accrue.
A cette aune, c’est le modèle de développement imposé à l’Afrique qu’il convient de remettre en question. Depuis le milieu des années 80 et les plans d’ajustement du FMI, l’économie africaine a en effet été progressivement extravertie au fur et à mesure que la pauvreté grandissait. S’il est vrai qu’une modernisation des infrastructures et une démocratisation des appareils d’État étaient nécessaires, les bouleversements imposés par le FMI ont en réalité abouti à une situation dramatiquement absurde. Alors qu’en France, par exemple, 75% de la production nationale est destinée au marché intérieur (les 25% restants étant destinés au commerce international), c’est l’inverse qui se produit en Afrique : les trois quarts de la production sont exportés et il ne reste plus que les miettes pour les populations locales. Il faut donc réfléchir aujourd’hui à un modèle de développement différent, accordant la priorité aux marchés intérieurs africains et au financement par la mobilisation de l’épargne africaine. Un modèle de développement permettant à l’Afrique, comme cela a été possible pour les pays riches du Nord, de d’abord solidement ancrer son économie sur le plan intérieur avant de s’ouvrir sur le monde."
in « Le Courrier » (9/12/2000) : Des « échanges » injustes et en baisse, AZe. (Extraits)