Une personne peut être musulmane parce qu’elle a intérieurement accepté ou choisi la religion musulmane comme foi ; c’est ce que l’on pourrait appeler la définition strictement religieuse de l’identité musulmane. Mais elle peut l’être aussi parce qu’elle est assignée, de l’extérieur, à cette identité pour la simple raison qu’elle est originaire d’un milieu ou d’un pays à majorité musulmane ; c’est la définition large, assise sur une conception ethnique ou culturelle. C’est cette définition qui peut, et doit être qualifiée de raciste. Toute l’habileté du discours raciste consiste à s’abriter derrière la première définition. Et à chercher dans le texte ( le Coran) ce qu’est l’Islam. Comme si ce texte, et c’est le cas de tous les textes religieux, n’était pas susceptible de nombreuses interprétations. La réfutation du Coran est dans le Coran. Mais, cela, le raciste n’en a cure. Son objectif est tout autre. Ce qui l’anime, c’est le mouvement archaïque, la pulsion venue des fonds des ages, le meurtre du bouc émissaire, le sacrifice sanglant qui calme la foule haineuse.