Pour la partie avionique, nous sommes en train de retomber dans nos vieux démons et travers négatifs de ‘haro sur le baudet’ Il est indéniable que cet A 380 est une réussite dont, les Pays Européens ayant souscrits à cette grande aventure, peuvent être fiers. Ce ne sera pas un Concorde bis qui, bien que condamné dès sa mise en exploitation, fait actuellement recette dans les plus grands pôles aéronautiques mondiaux et suscite l’admiration, l’envie et des regrets pour les uns et la nostalgie pour ceux qui ont eu la chance de l’emprunter illustres ou non. Ses plus forts détracteurs que furent les USA sont les premiers à regretter ce fleuron de l’air. Les avancées technologiques de l’A 380 sont remarquables d’autant que ce sont de « gros morceaux » qui sont censés parvenir complets (structures, câblages, hydraulique, etc...etc...) à Toulouse d’horizons aussi diversifiés. Airbus se devait de ne pas sous estimer la partie sensible que représente le câblage (les pieuvres) qui est en fait le nerf de la guerre. Pour avoir en son temps fréquenté les équipes sous-traitantes en avionique, j’ai souvenance de quelques cauchemars. Le retard est là. La coordination commerciale et technique (bureaux d’études, Informatique) n’a pas été jugée primordiale, chacun ayant travaillé dans son coin. Voilà les résultats, d’autant que cerise sur le gâteau, les exigences réelles formulées par les compagnies acquéreurs ont été mal appréciées ou jugées secondaires d’où les modifications réelles formulés fort mal évaluées. Il s’avère que les 500 km de câbles de toutes sortes s’avèrent insuffisants. Beaucoup trop de gadgets à raccorder ou à rajouter, qui malheureusement prennent la pas sur les spécificités intrinsèques de l’avion lui même quant à elles bien maîtrisées. Le casse-tête a été de vendre non pas un produit standard, mais de l’adapté de qualité. A la limite si l’on continue cet avion en dehors des prototypes aucun avion ne pourrait être livré bien que tous les construits seraient en mesure de voler et de donner entière satisfaction hors gadgets Il n’en reste pas moins vrai que les Allemands,Anglais et Français sont les meilleurs Avionneurs du Monde.
En ce qui concerne A 340 et A 350 le grand tort des Européens a été de mésestimer la concurrence et surtout la technicité des bureaux d’études d’outre-atlantique (utilisateurs chevronnés de CATIA outil, atout et invention de Dassault) totalement négligé par Airbus Allemagne...c’est coupable et chacun s’est endormi sur de prétendus lauriers. Il est regrettable d’avoir misé uniquement sur l’A 380 et sur le succès incontestable de la famille A 320 qu’il faudra très vite repenser et pas seulement par l’ajout de winglets. Vu la crise actuelle du pétrole, il était évident que l’A 340 quadriréacteur serait plus onéreux en exploitation que les B 777 300 ER et que le futur biréacteur B 787 Dreamliner. Boeing enfonce le clou en faisant adapter une nouvelle réglementation favorable à ses avions pour les vols intercontinentaux. Il s’autorise avec un aplomb qui semble échapper aux Européens à attaquer le sillage, les turbulences, la distance entre avions 14 mn,les coûts exorbitants pour l’aménagement des Aéroports, etc...etc.... La récente et très importante commande d’Air France en 777 300 ER et en filigrane le B 787 viennent malheureusement étayer mon argumentation. Par ailleurs certaines compagnies aériennes ont tendance à convertir leurs offres A 340 Airbus vers Boeing, Airbus n’ayant à leur proposer qu’un A 350 pur replâtrage de l’ A 330 et un hypothétique A 350 XWB dont la mise en service interviendrait près de trois ans après celle du B 787 C’est aberrant et relève d’un manque total d’intuition d’autant que la littérature tant du B 777 300 ER et de ses records de distance parcourus que celle du B 787 Dreamliner font la une des revues spécialisées depuis plusieurs années. Boeing a su réagir d’autant que la vente des B 747 400 gros porteurs, même si elle se minimise en nombre dans le passager ne cesse de se conforter dans la catégorie frêt. Dans la catégorie des mono couloirs Airbus doit contenir l’arrivée d’Embraer, Bombardier des Chinois et des Russes avides de créneaux et de ventes d’avions destinés au low cost. Il faut dès maintenant mettre en chauffe Catia des deux cotés de la frontière. De se mettre a produire d’urgence de nouveaux tronçons équipés et bien adaptés aux exigences des compagnies clientes quitte à perdre ce qui est fabriqué. Cela coûtera certainement moins cher à mon sens que les retards considérables annoncés d’autant que ces tronçons pourront trouver dans le temps preneurs pour de futures commandes standard. Il faudra également innover, inventer et non relooker ce qui s’avère détestable dans un monde qui recherche constamment du dernier cri. Il est nécessaire de ne pas avoir de complexes vis à vis des Américains et de leurs tergiversations autour des aides dont pourrait bénéficier Airbus. Leur mauvaise foi évidente se trouve malheureusement confortée par le laxisme et le manque de cohésion Européen. L’OMC est coupable car, sans vouloir trancher sur les réalités fort bien connues de ces subventions bien souvent déguisées outre-atlantique, elle aide les Américains qui travaillent en toute impunité à préserver leur suprématie. En conclusion, pour nous les Européens soutenir sans faille cette Entreprise au travers de ces turbulences.
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