J’aurais trouvé plus juste une solution de partition, permettant à tous ceux qui tenaient pour la France de se maintenir sur place. Et je répète à l’envi : pourquoi l’occupation ottomane était-elle acceptable, au point que de nombreux Algériens de la haute aiment à s’imaginer des ancêtres turcs, et non la française ? Le colonialisme à l’éuropéenne avait une tare fondamentale : il n’admettait pas les colonisés aux mêmes droits que ceux des métropolitains. Mais je maintiens que la violence du FLN était disproportionnée et visait principalement des civils. Et justement, le fait que l’Algérie ait été colonisée depuis plus de cent ans faisait que ceux des Algériens qui optaient pour la France n’avaient pas a être considérés comme des traîtres à exterminer, parce qu’ils estimaient que leur avenir était mieux assuré dans le contexte d’une association avec la France. Je conteste aussi la justesse de vos comparaisons, mais il y a d’autres files pour en débattre. Mon avis sur les intellectuels qui soutenaient le FLN ? je veux bien reconnaître leur sincérité, comme je reconnais la sincérité des insurgés d’Alger qui considéraient que De Gaulle les avait trahis. Mais je pense que nombre d’entre eux, communistes, se seraient rangés du côté de n’importe quel mouvement arborant l’étiquette socialiste, comme ils avaient soutenu peu avant ce grand bienfaiteur de l’humanité qu’était Staline. Et si leurs valises servaient à transporter des explosifs, ou de l’argent pour en acheter, alors je ne les aurait pas plaints du tout de tomber sur des paras très remontés par la mort de leurs camarades.