JL,
Par votre syllogisme vous révélez que vous êtes un sophiste au sens où Éric Guéguen le faisait remarquer, c’est à dire que comme Protagoras vous considérez que l’homme est la mesure de toute chose. Car en effet, votre majeure montre que vous pensez qu’il n’y a pas de réalité objective, indépendante du sujet. C’est l’homme qui décide de ce qu’est la réalité, en fonction de ce qu’il connaît à l’instant t. Il est vrai que les sophistes que Socrate affrontait niaient l’existence objective du monde intelligible contenant les idées du Beau, du Vrai et du Bien, d’où leur relativisme au niveau des valeurs, mais votre point de départ est le même. Je dirais même qu’il est encore plus manifestement absurde car il est révoltant pour la raison d’admettre que Pluton n’existe que depuis 1930, et que cela dépend du point de vue. Par conséquent votre « preuve » de l’inexistence de Dieu ne tient pas, d’autant plus que je suis navré de voir ressurgir dans le débat cette question de l’existence ou de l’inexistence de Dieu. Vous remarquerez que dans mon texte j’emploie extrêmement peu le mot « Dieu », car je ne considère pas Dieu comme un objet, mais comme l’occasion d’une expérience non duale où la distinction entre objet et sujet n’existe plus, rendant caduque tout questionnement sur son existence, que ce soit au niveau objectif (« il y a objectivement un Dieu qui se trouve dans une dimension extérieure à notre espace-temps et qui a crée le monde ») ou subjectif (« si on adopte un certain point de vue alors on peut voir toute l’existence phénoménale régie par une puissance transcendante, mais on peut prendre un point de vue où cette puissance n’intervient pas et où les choses arrivent par immanence pure »). Si la dualité sujet-objet est dépassée, alors la dualité transcendant-immanent l’est aussi, de même que existence-non-existence. Mon article précédent sur ce que j’ai appelé le « zérothéisme » partait de ce point de départ. Mais pour comprendre cela il faut admettre que l’on parle d’expérience et non de concept ou de croyance. Pour ma part, je définirai l’athéisme comme la réticence a-priori à connaître cette expérience, et de ce fait je récuse toute possibilité ďune spiritualité athée. Je pourrais très bien changer d’avis un jour, mais alors que Comte-Sponville, Onfray et les autres athées fassent leurs preuves !