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Analis 28 novembre 2014 13:57

Suite de la partie 3 :

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Dans une étude remarquablement similaire à l’enseignante de troisième année Jane Elliott, la célèbre expérience de la prison de Stanford menée par le psychologue social Philip Zimbardo dans le début des années 1970 montre que cette hypothèse parfaitement admissible est erronée.

Zimbardo et ses collègues ont utilisé 24 étudiants de sexe masculin en tant que sujets, en les divisant arbitrairement en « gardiens » et « détenus » dans une fausse prison. Zimbardo a chargé les « gardiens » d’agir avec oppression envers les « prisonniers », en clair d’endosser le rôle d’une autorité.

Tous les étudiants savaient que c’était une expérience, mais surprenant même les expérimentateurs, ils se sont néanmoins rapidement imprégnés de leurs rôles de gardiens sadiques, brutaux, brisant émotionnellement les prisonniers. Le « système carcéral » mis en place par les expérimentateurs et la dynamique subséquente qui s’est développée a eu un effet tellement délétère parmi les sujets que l’étude a pris fin le sixième jour. Cependant, cela [l’arrêt de l’expérience] n’arriva que lorsque l’étudiante diplômée en psychologie Christina Maslach – avec laquelle Philip Zimbardo sortait et qui par la suite est devenue son épouse – portât à sa connaissance les conditions de l’expérimentation contraires à l’éthique. (6)

http://img11.hostingpics.net/pics/178024prisonexperiment.jpg

Photos de sujets lors de l’expérience de la prison de Stanford

Tout comme les études de Milgram et Elliott, cette expérience démontre la tendance humaine à croire et à suivre l’autorité. Les études de Zimbardo et Elliott démontrent que nos identités mêmes sont impactées par ce que l’autorité nous dit et que cette pression de nos pairs renforce grandement ces tendances humaines. En conséquence, les sujets de Milgram, les élèves de troisième année de Elliott, et les étudiants adultes de Zimbardo ont commis des atrocités, y compris en violation de valeurs morales fortes.

Zimbardo est devenu un témoin expert de la défense pendant la Cour Martiale de l’un des gardiens de nuit de l’infâme groupe des « Sept d’Abu Ghraib », Ivan « Chip » Frederick. En raison de son expérience avec l’histoire de la Prison de Stanford, Zimbardo a fait valoir que c’était la situation qui avait généré ces comportements aberrants chez des gens d’ordinaire bons. Alors que l’armée décrivait ces gardes comme quelques « pommes pourries » dans un pourtant bon cageot de l’armée américaine [NdT : litteralement « barrel » signifie « canon » ou « tonneau » ; le terme est ici à prendre au sens du commandement de l’Armée], Zimbardo a fait valoir que ces gardiens étaient tout à fait normaux, de bonnes pommes dans un cageot pourri.

Chip Frederick a plaidé coupable et a été condamné à une peine de huit ans de prison, le témoignage de Zimbardo n’ayant eu que peu d’effet sur la sentence. Les autres gardes, reconnus coupables, furent condamnés à des peines allant de zéro à dix ans ; la différence dans les quantum de peines semblait n’avoir aucun sens.

Quelle est la vérité ? Ces gardiens de nuit étaient-ils seulement quelques « pommes pourries » dans un bon cageot, ou le cageot lui-même était-il altéré ? L’armée elle-même a déclaré que, depuis Octobre 2001, on comptait plus de 600 accusations de mauvais traitements sur des détenus. Bien d’autres n’ont pas été signalés, y compris les abus envers des « détenus fantômes », ces malheureuses personnes qui, sous le contrôle de la CIA, n’ont jamais été identifiées et ont souvent été « fournies » pour torture d’État. Beaucoup de ces victimes étaient simplement portées « disparues ». Par extension, il y avait évidemment aussi beaucoup d’ « agresseurs fantômes », lesquels n’ont jamais été reconnus responsables.

Pour appuyer son accusation selon laquelle le cageot, plutôt que les pommes, était pourri, Zimbardo a mis le système lui-même à l’essai dans «  l’Effet Lucifer » (7). Il a constaté que les ordres, les attentes, et la pression de la torture venaient du sommet de la chaîne de commandement, et ses analyses mettaient en évidence la culpabilité du Secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, du directeur de la CIA George Tenet, du lieutenant général Ricardo Sanchez, du général Geoffrey Miller, du vice-président Dick Cheney, et du président George W. Bush.

Les analyses détaillées de Zimbardo concluent que « ce cageot de pommes a commencé à pourrir de haut en bas. » Pourtant, il fait aussi l’éloge de nombreux héros, ces dénonciateurs du bas vers le haut de la hiérarchie militaire, ces êtres humains qui ont risqué leur vie et leur carrière en se levant et se montrant déterminé face à ce système toxique. (7)

Pourquoi certaines personnes agissent conformément aux attentes du système tandis que d’autres trouvent le courage de rester fidèles à leurs principes ? Tout au long de cet essai apparaissent des éléments de réponse dans la perspective du développement de la psychologie profonde, mais explorer ce sujet extrêmement important en détail nécessiterait un travail séparé. Zimbardo, cependant, a commencé cette exploration du point de vue d’un psychologue social, déclarant que nous sommes tous des « héros potentiels », et il a offert des pistes sur la façon de résister aux influences sociales indésirables. (8)

Mon intime conviction est que les sceptiques du 9/11 – et tous les vrais sceptiques devant n’importe quel changement de paradigme et n’importe quel sujet tabou – qui exposent publiquement les mensonges et les mythes [Ndt : littéralement « empereurs nus » (12)] sont des héros qui se sont réveillés, malgré que nous avons souffert du ridicule et de la colère de ces empereurs, de leurs serviteurs, et tout simplement de la peur.

Ces trois études – l’étude de Milgram sur l’obéissance à l’autorité, l’expérience des Yeux bleus / Yeux bruns d’Elliott, et l’expérimentation de la Prison de Stanford menée par Zimbardo – démontrent notre propension humaine à faire confiance et à obéir à l’autorité. Une autre question se pose à nous : est-ce que cette prédisposition est génétique ? Des preuves apparaissent à l’appui de cette hypothèse.

Pour survivre en tant que bébés et jeunes enfants, nous sollicitons systématiquement nos parents pour apprécier la sécurité ou le danger.

Les chimpanzés, avec lesquels notre patrimoine génétique est commun à au moins 94% (9), ont généralement un ou plusieurs mâles dirigeants Alpha, bien que ceux-ci soient souvent choisis par les femelles de la troupe (10). Les bonobos, avec un génome proche de celui des chimpanzés et donc de l’homme, disposent d’un système matriarcal avec une femelle à la tête du groupe (11).

Et, bien sûr, les communautés humaines ont des dirigeants. Ainsi, la nécessité d’un chef, d’une autorité, semble être génétiquement encodée. Si nous avons été élevés dans un cocon familial autoritaire et que avons suivi un cursus scolaire de même nature, alors cette tendance à compter sur des figures autoritaires pour apprécier la réalité est probablement renforcée. Inversement, si nous sommes élevés dans une famille, un système scolaire, et un contexte culturel qui promeut l’esprit critique et respecte nos sentiments et nos besoins, alors la tendance à compter sur des figures autoritaires serait susceptible d’être amoindrie.

Dans notre société américaine, beaucoup de nos Officiels nous mentent régulièrement pour nous abuser. Néanmoins, de nombreux citoyens continuent à se tourner vers eux pour obtenir la vérité et la sécurité, surtout quand leur peur est accentuée. Cette forte tendance à croire et à obéir à l’autorité est un autre obstacle avec lesquels les sceptiques de la version officielle du 9/11 doivent composer.

En obéissant et en croyant aveuglément l’autorité, nous développons et perpétuons des identités erronées, des mythes, et pour couronner le tout, nous prenons de très mauvaises décisions, qui affectent souvent négativement les autres. Cela peut également s’appliquer pour les quatre prochains penchants humains étudiés par les psychologues sociaux : les raisonnements pervers, la dissonance cognitive, la conformité, et les raisonnements grégaires.

Note de la rédaction : à suivre dans notre prochain bulletin dans la partie 4 : « les avis divergents (double pensée) », une brillante observation de George Orwell

Notes :

1 Stanley Milgram, obéissance à l’autorité : une approche expérimentale (Harper & Row Publishers, Inc., 1974).

2 Stanley Milgram, « Les périls de l’obéissance » Harpers Magazine (1974). Peut être consultée http://www.age-of-the-sage.org/psycholo … 1974.html.

3 Ibid.

4 Dennis Linn, Sheila Fabricant Linn, et Mathew Linn, « Cicatriser le futur : le rétablissement personnel des blessures sociétales » (Paulist Press, 2012) 56-60. William Peters, A Class Divided : Then and Now, éd élargi. (New Haven : Yale University Press, 1971) ; ce livre comprend un apport de Jane Elliott qui a mené une expérience similaire avec des adultes employés dans du Iowa Department of Corrections. Des documentaires évoquant aussi cette histoire sont « L’oeil du Cyclone », ABC Nouvelles, 1970, distribué en DVD par Admire Productions, 2004, http://www.admireentertainment.com, et une classe divisée, par Yale University Films, 1986 , présenté sur Frontline et distribués en DVD par PBS Home Video, www.pbs.org ; les deux programmes comprennent des guides d’étude pour une utilisation en groupes.

5 Dennis, Sheila, et Matthew Linn, Guérir l’avenir, 57-58.

6 Philip Zimbardo, L’effet Lucifer : comprendre comment de bonnes personnes sont capable de faire du mal (Random House Trade Paperbacks, 2008). Aussi, voir http://www.simplypsychology.org/zimbardo.html.

7 Zimbardo, « l’Effet Lucifer », 324-443.

8 Ibid, 444-488.

9 http://www.scientificamerican.com/artic … e-gap-wide

10 http://en.wikipedia.org/wiki/Chimpanzee

11 http://en.wikipedia.org/wiki/Bonobo3.

12 Expression utilisée pour désigner une situation où beaucoup de personnes croient quelque chose qui n’est pas vrai (voir http://fr.urbandictionary.com/define.ph … %20clothes)


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