Du petit arrangement avec les faits à la vraie imposture, l’histoire
a souvent été réécrite, et M. Mouray imagine une nouvelle version. Un
détournement opéré plus ou moins consciemment pour construire une
représentation valorisante du passé à ses yeux. De Vercingétorix à Napoléon, de
gros mensonges sont encore enseignés en classe, et, plutôt que les dénoncer, M.
Mouray veut en ajouter.
Tout le monde ou presque le sait : nos ancêtres ne sont pas
les Gaulois, contrairement à ce que dit l’adage. Nous descendons plutôt d’un
mixage long et complexe de populations germaines, latines, indo-européennes
suivant la restructuration de l’empire romain. Le mythe de l’ancêtre gaulois
est né au XIXe siècle quand, lors de la guerre et surtout après la défaite
contre la Prusse, il a fallu trouver de nouvelles références historiques pour
redresser l’aura du pays. Après les travers de la monarchie, de la révolution, du
bonapartisme et de l’empire, ce sont donc les Gaulois, frondeurs et résistant
« encore et toujours » à l’envahisseur (romain/prussien), qui ont été érigés
en héros. Le mythe de Vercingétorix, déposant les armes aux pieds de César
après une rude bataille, est né à la même époque. Il faut dire qu’on ne sait du
chef gaulois que ce qu’a bien voulu en écrire César lui-même dans "La
Guerre des Gaules" (déjà une propagande).
Ce n’est pas la peine d’ajouter de la mythologie à un
amoncellement de légende pour justifier le caractère guerrier (et supérieur ?)
de nos soi-disant ancêtres !
L’histoire ne fait pas bon ménage avec les textes religieux
ou apocryphes qui distillent des idéologies plus ou moins sulfureuses. Ceux qui
s’intéressent aux périodes évoquées dans cet article ont tout intérêt à se
tourner vers l’archéologie moderne, plutôt que de s’enferrer dans des grimoires nauséabonds dignes de
Nostradamus.