Les grandes messes footbalistiques sont la manifestation contemporaine d’un sacré païen et archaïque.
« Au temps jadis », cette religiosité, dont l’objectif plus ou moins caché était la régulation de la violence au sein du groupe social, s’exprimait par le sacrifice humain, puis par les jeux du cirque.
Si, de nos jours, la dimension sacrificielle est réduite, elle n’en est pas moins prégnante, et trouve, au gré des circonstances, divers victimes expiatoires (ou bouc émissaires) : l’équipe qui a gagné (mais qui a « triché »), l’équipe qui a perdu (qui est mauvaise), l’arbitre (qui est un vendu), les supporters du camp adverse...
La loi de 1905 ne reconnaît pas les cultes ; ainsi, la présence du chef d’Etat lors de certains matchs, voire l’identification de la France à son équipe de football, posent un véritable problème à la laïcité.
Athée footbalisquement parlant, je m’interroge également sur la construction de ces gigantesques lieux de culte, (même s’il est exact que le privé intervient de plus en plus, au profit d’une autre divinité, le dieu Argent).