Pour les non-germanophones, tels que mon feu père, la « langue » que vociférait Charlie Chaplin quand il jouait le Grand dictateur Hinkel, ressemblait fort à l’allemand des vociférations radiodiffusées d’Adolf Hitler. Mais pour les germanophones, cette magie de l’imitation ne fonctionne pas : ils entendent que cette langue imaginaire est fort différente du véritable allemand.
Pareil : pour les non-scientifiques, le charabia et les divagations de Cabanel ressemblent à de la science, qui aurait juste la particularité d’être « non officielle », donc à mettre à égalité avec ce qu’ils imaginent être « la science officielle ». Mais pour les scientifiques de formation et d’expérience, la magie du charlatan ne fonctionne pas : eux entendent que ce n’est que du salmigondis mouliné par un délirant chronique.
Plusieurs pathologies lourdes ne figurent toujours pas dans les nomenclatures psychiatriques, par exemple pas dans le DSM 4. Sont ainsi omis les avaricieux, pourtant décrits depuis l’antiquité romaine, les pervers narcissiques, les pervers histrioniques, et les charlatans. C’est l’héritage du contrat de corruption originel. A force de vivre dans le déni permanent de réalité, les charlatans s’enfoncent en permanence et de plus en plus profond dans la psychose. Ce qui n’était au départ dans la carrière qu’un noyau psychotique envahit progressivement toute leur vie, tout leur psychisme.
Je plains l’entourage de Cabanel, qui doit le subir tous les jours. Mes condoléances !