"…qu’entre autres œuvres des pères
fondateurs : « L’Anti Dühring, ou : Comment
M. Dühring bouleverse la science », le livre de chevet de tout
militant comme le désignait Lénine."
Il faut préciser que L’anti-Dühring,
c’est d’Engels. On y trouve cette perle admirable, qui montre le degré de
chimérisme que les deux énergumènes du Manifeste avaient atteint :
« Dès l’instant où la propriété privée des
objets mobiliers s’était développée, il fallait bien que toutes les sociétés où
cette propriété privée prévalait eussent en commun le commandement moral : tu ne
voleras point. Est-ce que par là ce commandement devient un commandement moral
éternel ? Nullement. Dans une société où les motifs de vol sont éliminés, où par
conséquent, à la longue, les vols ne peuvent être commis que par des aliénés,
comme on rirait du prédicateur de morale qui voudrait proclamer solennellement
la vérité éternelle : Tu ne voleras point ! »*
Ce qui
signifie non seulement que tout sera à tout le monde, mais encore qu’il y aura
assez de tout pour tout le monde : des Hummer et de la Romanée-Conti, des
homards et des escaliers Stannah, des consoles MP4 et du crabe royal du
Kamtchatka, des frigos américains et des télés 75’’ à écran incurvé… Pour les
philatélistes, on réimprimera des One penny orange-rouge de l’île Maurice, plus
vrais que les vrais.
Pauvres
ahuris… A l’époque, ils fumaient quoi, les « pères fondateurs » ? Du linoléum,
si ça se trouve…
* L’anti-Dühring,
tome I, chapitre IX, La morale et le droit. Vérités éternelles,
p. 81