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En réponse à :


Darwin’s Beagle (---.---.175.94) 29 décembre 2006 13:25

« On ne défend bien ses intérêts que lorsqu’on peut le faire dans sa langue maternelle. »

Bullshit (pardon my French, comme on dit en anglais). L’anglais n’est pas ma langue maternelle, et je défends très bien mes intérêts dans cette langue. De fait, elle m’est aussi familière que le français. Oh, je sais, cette opinion vient peut-être, me rétorquerez-vous, des experts en linguistique qui nous enseignent qu’on ne saurait maîtriser une langue si on ne l’a pas apprise dans sa petite enfance. Avant 7 ans ou je ne sais quel chiffre ubuesque sorti du chapeau du premier illusionniste venu. Vous tombez mal, car vous tombez sur un linguistee avec un doctorat en linguistique décerné par une université anglophone et dont la thèse a été écrite et soutenue en anglais. Allez remballez-moi cette ânerie, s’il vous plaît.

Il est vrai que quand j’écris un article en français (ça m’arrive) il est très différent de la façon dont je te vous l’aurais emballé en anglais. Même histoire en japonais (ben oui, on n’est pas tous des monoglottes). Mais la substance est la même. Exactement. C’est juste la présentation. Ah, bien sûr, quand il n’y a aucune substance, évidemment, tout est dans les fioritures. Mais je ne ponds pas de la logorrhée nombrilliste style Jacques Derrida ou Lacan, moi.

La vérité, c’est que quand on est trop fainéant pour penser, on pense par slogans et par clichés. Et c’est là, alors, que la langue peut avoir une influence, immense.

« La réalité est que l’anglais est en train de devenir progressivement la seule langue de travail de l’UE »

Et alors ? Que préféreriez-vous à la place ? Le volapük ou le klingon ? Ah non, j’ai deviné ! Toutes les langues de l’Europe ! Vingt, 25, 30 bientôt sûrement. Trente, cela nous fera de l’emploi pour les traducteurs. Je pose ma candidature pour traduire d’anglais en faetar (un dialecte d’Italie du nord). On dit que la France est le pays des 365 fromages, un par jour de l’année, l’Europe sera bientôt celui des 652.327 fromages, un par traducteur.

Venant d’un fonctionnaire, cette merveilleuse solution ne m’étonne guère.


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