Il me semble que vous n’abordez pas le djihadisme sous l’un des angles qui nous éclairerait.
Il me semble que derrière se trouvent des prescriptions religieuses qui vont jusqu’au sacrifice de sa propre vie d’une part et d’autre part, il y a des jeunes en quête de spiritualité comparable en effet au désir de voyage, de départ, d’un ailleurs etc prêts à entendre les messages qui vont dans ce sens. Ceux-là n’ont pas la notion du don de leur vie au sens propre.
La particularité du djihadisme n’est pas le dépassement comme on peut l’observer chez de jeunes skippers, escaladeurs, prêts à donner leur vie pour se soumettre à leur passion qui sous entend qu’ils soient quelque part invulnérables, du moins souhaitent-ils (se) le prouver. La préparation est minutieuse pour éviter l’accident. Une sorte de rite de passage.
La particularité du djihadisme est la réalisation d’un désir, la croyance dans la réalisation d’un désir qui le dépasse largement, une sorte de croyance - qui est revenu leur dire que ce fameux désir était réellement réalisé ? hystérie collective ? croyance, certainement. (je pensais au « jeu du foulard »)
Et derrière une oeuvre collective (et religieusement justifiée) éliminer les « mécréants » susceptibles de faire plus de mal encore à l’humanité, dans leur vision du monde qui suppose que le mécréant soit incapable d’évoluer, y compris sous son influence.
A la mort on leur oppose la destruction, pour ne pas être détruits. Oeïl pour oeïl dent pour dent. Curieuse idée dans un pays dit de culture chrétienne, qui prône de tendre l’autre joue.
L’autre joue ... en neurophysiologie, il y a de forte chance qu’un gifle sur la joue droite n’aient pas le même effet qu’un gifle sur la joue gauche. Par extension, tendre l’autre joue peut faire diversion, c’est vrai (« je n’en reviens pas ! l’imbécile en redemande ! »), désarçonner l’adversaire ? ou simplement lui faire une autre proposition (« si on parlait » ?). J’avoue avoir été très surprise dans une série grand public (famille d’accueil) d’entendre que la réponse devait être proportionnelle ... c’est-à-dire bien « oeïl pour oeïl dent pour dent ». La réponse ne doit pas être proportionnelle ni même de même nature : elle doit être différente, elle doit permettre d’être proprement humain, de permettre la réflexion, d’ouvrir ce nouveau champ.
Facile à dire n’est-ce pas. Quand derrière, des forces (protectrices pour les adeptes ?) visent le pouvoir, la puissance, la reconnaissance ?
On est tout de même assez loin de la névrose, totalement en dehors du champ de la psychose.