@Coriosolite,
comme je l’avais précisé en fin de texte, il peut y avoir méprise quant à la notion d’impérialisme.
En quelques mots (je dirais au sens de Arendt comme de Lénine ou Luxemburg), l’impérialisme, ce n’est pas un système national bien
centralisé qui sous-traiterait délibérément à de petites mains privées de
viles besognes à l’étranger, c’est « au contraire » un ensemble
d’entreprises s’emparant de marchés à l’étranger au moyen de la
corruption de dirigeants locaux, et qui sollicitent « ensuite » la protection
de l’État dans lequel elles sont basées. Un processus qui, dans
l’ensemble, corrompt ce dernier - ainsi, en somme, comme cela a d’ailleurs été
théorisé depuis le siècle des Lumières, une nation ne peut se construire
en détruisant les autres. La nation étasunienne, qui ne fait pas
exception à la règle, ses institutions, sa « démocratie », en crèvent. Autrement dit encore, l’impérialisme moderne est une dynamique essentiellement capitaliste. Je
pense donc pouvoir dire que le cas cité, l’affaire Derwick, correspond
parfaitement à la dynamique impérialiste. Et bien sûr, il y a de quoi
douter qu’au sens du prolo américain "les USA se frottent les mains de
cette situation". Bref, possiblement simple question de terminologie ?
La
corruption en question touche manifestement des gens de tous bords,
dans la classe dirigeante au Venezuela (comme aux USA). J’ai d’autant
moins l’intention de m’encombrer d’œillères idéologiques, ici, que je ne
saurais pas du tout mettre une étiquette sur le cas vénézuélien (et
tant d’autres). Déjà, je doute qu’il y ait beaucoup de cogestion dans
les grandes entreprises ni dans les petites ; peut-être peut-on y voir
un peu de socialisme, au sens rigoureux, dans le fait que l’on y essaie
de s’appuyer sur une quirielle d’associations de terrain ? Bref. Vous
savez, pour moi le socialisme est avant tout une politique fondée sur le
respect du besoin d’enracinement, à peu près rien à voir avec ce que
les gens d’ici et maintenant, de tous bords, entendent par là. Au
passage, je suppose que le marché noir, manifestement très répandu,
était tout aussi développé avant Chavez, mais je ne vois pas bien le
problème ; en tous cas la petite entreprise familiale qui vit du marché
noir dans une société largement basée sur l’entraide et enracinée
quelque part me semble bien plus proche de l’idéal socialiste que
n’importe quel mammouth...
Bref, je n’ai probablement pas tant
de désaccord avec vous,
et justement je m’en suis à peu près tenu à du factuel. Y compris dans
les cas d’images truquées ou au sens détourné - j’ai écrit plusieurs
dois qu’il me parait douter qu’il y ait besoin d’inventer quand il n’y a
qu’à se baisser, mais je n’entends pas dire que ce n’est pas le bordel
sur bien des aspects. Je reste
quand-même méfiant, aussi, quant aux chiffres publiés par ici. Je vais tacher d’avoir
un témoignage local détaillé. La dernière fois (quand j’y étais allé deux petites semaines), j’avais été surpris de voir le gouffre avec ce qu’on imagine d’ici. Et la dernière fois que je me suis penché sur certains chiffres avancés, j’en ai eu d’autres (suite du message en question ici et là).