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Renaud Bouchard Renaud Bouchard 17 octobre 2016 11:02

@Gabriel
C’est à croire que d’élection en élection, depuis 30 ans voir plus, les électeurs vont chercher leur présidents dans les poubelles de la finance, dites-vous.

...dans les poubelles de l’inconsistance, plutôt, car e but recherché est de surtout ne rien changer.
Comme l’analyse M. Mucherie sur Atlantico, "En bons élèves de Sciences-Po des années 1970, nos futurs/anciens/futurs décideurs dissertent sur les institutions hexagonales et sur la dépénalisation du cannabis, pendant que les grandes questions se règlent loin de Paris. Ne vous posez aucune question sur la BCE ou sur la Deutsche Bank, ne proposez aucune solution contre la déflation et contre l’accumulation de dettes improductives.

Dormez tranquilles pendant que les choses sérieuses se déroulent sans vous.

Il faut de l’humilité, de l’ouverture, de la pédagogie. Sans aller aussi loin que l’ère Meiji, la France a un sérieux besoin de réformes, et ce ne sont pas des shoguns Tokugawa comme Juppé ou Le Maire qui vont porter des changements radicaux : le premier entend bien faire du Chirac new age, le deuxième est trop proche de Berlin pour tenter quoi que ce soit contre Francfort. Fillon prétend que la ruine guette alors que le pays emprunte à 10 ans à 0,3%. Sarkozy, qui a plus de poigne que les autres, ne s’est pas beaucoup rebellé contre Trichet et contre Merkel, mérite-t-il une seconde chance ? Ils ont eu 5 ans pour réfléchir, pour voyager, pour se débarrasser de leurs conseillers d’un autre âge, pour se reconnecter à la marche du monde, pour lire le blog de Scott Sumner : ils n’ont rien fait.

Tous multiplient les diversions budgétaristes et structuralistes car au fond ils n’entendent rien au caractère monétaire de cette crise, et n’entendent pas prendre un risque (« populiste », c’est ce qu’on récolte quand on rappelle les principes du libéralisme classique à nos élites monétaires européennes). Voilà aussi pourquoi ils ne parlent pas des inégalités, qui aujourd’hui ne doivent plus grand-chose à la dynamique interne du capitalisme mais à la dynamique des dettes (entretenue par la déflation). L’électeur médian de la primaire à droite a la cinquantaine, il est plus souvent créditeur que débiteur. Il leur reste alors le thème des affaires (où au moins ils ne manquent pas d’expérience) et le thème de l’identité (qui pourrait être intéressant un jour si on pouvait appeler un chat un chat). Au fond ils gouverneront ensemble (après un intermède interminable de médiocrité hollandiste), et ne vont pas gérer le pays très différemment de ce qui s’est passé depuis quelques décennies : c’est bien pourquoi l’un d’entre eux sera Président, les Français ayant presque toujours opté pour les changements dans la continuité et les forces tranquilles, derrière les slogans des grands soirs. Il ne faut jamais prendre les Français pour des conservateurs, mais ne jamais oublier qu’ils le sont ?..."


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