@Gabriel
C’est à croire que d’élection en élection, depuis 30 ans voir plus, les
électeurs vont chercher leur présidents dans les poubelles de la finance, dites-vous.
...dans les poubelles de l’inconsistance, plutôt, car e but recherché est de surtout ne rien changer.
Comme l’analyse M. Mucherie sur Atlantico, "En bons élèves de Sciences-Po des années 1970,
nos futurs/anciens/futurs décideurs dissertent sur les institutions
hexagonales et sur la dépénalisation du cannabis, pendant que les
grandes questions se règlent loin de Paris. Ne vous posez aucune
question sur la BCE ou sur la Deutsche Bank, ne proposez aucune solution
contre la déflation et contre l’accumulation de dettes improductives.
Dormez tranquilles pendant que les choses sérieuses se déroulent sans vous.
Il faut de l’humilité,
de l’ouverture, de la pédagogie. Sans aller aussi loin que l’ère Meiji,
la France a un sérieux besoin de réformes, et ce ne sont pas des
shoguns Tokugawa comme Juppé ou Le Maire qui vont porter des changements
radicaux : le premier entend bien faire du Chirac new age, le
deuxième est trop proche de Berlin pour tenter quoi que ce soit contre
Francfort. Fillon prétend que la ruine guette alors que le pays emprunte
à 10 ans à 0,3%. Sarkozy, qui a plus de poigne que les autres, ne s’est
pas beaucoup rebellé contre Trichet et contre Merkel, mérite-t-il une
seconde chance ? Ils ont eu 5 ans pour réfléchir, pour voyager, pour se
débarrasser de leurs conseillers d’un autre âge, pour se reconnecter à
la marche du monde, pour lire le blog de Scott Sumner : ils n’ont rien
fait.
Tous multiplient les diversions budgétaristes et
structuralistes car au fond ils n’entendent rien au caractère monétaire
de cette crise, et n’entendent pas prendre un risque (« populiste », c’est
ce qu’on récolte quand on rappelle les principes du libéralisme
classique à nos élites monétaires européennes). Voilà aussi pourquoi ils
ne parlent pas des inégalités, qui aujourd’hui ne doivent plus
grand-chose à la dynamique interne du capitalisme mais à la dynamique
des dettes (entretenue par la déflation). L’électeur médian de la
primaire à droite a la cinquantaine, il est plus souvent créditeur que
débiteur. Il leur reste alors le thème des affaires (où au moins ils ne
manquent pas d’expérience) et le thème de l’identité (qui pourrait être
intéressant un jour si on pouvait appeler un chat un chat). Au fond ils
gouverneront ensemble (après un intermède interminable de médiocrité
hollandiste), et ne vont pas gérer le pays très différemment de ce qui
s’est passé depuis quelques décennies : c’est bien pourquoi l’un d’entre
eux sera Président, les Français ayant presque toujours opté pour les
changements dans la continuité et les forces tranquilles, derrière les
slogans des grands soirs. Il ne faut jamais prendre les Français pour
des conservateurs, mais ne jamais oublier qu’ils le sont ?..."