@njama
Bonjour et merci de votre observation à laquelle je réponds ci-après, relative aux syndicats dans la magistrature et à leur suppression.
Je comprends votre réaction car il s’agit-là d’une question très sérieuse qui est celle de la défense et de la représentation d’intérêts catégoriels ou professionnels, voire même de la défense d’intérêts généraux dans le cadre de la fonction publique et de son exercice.
Posons comme base de départ de cette question le fait que durant longtemps - ce qui montre d’ailleurs que la question méritait réflexion -, la majorité du corps judiciaire a farouchement perçu le syndicalisme comme un
instrument de lutte des classes destiné aux catégories modestes de la
fonction publique et de ce fait indigne de la magistrature. Il y a bien eu une Révolution française, certes, mais il faut croire que cela c’était « avant ». On ne se refait pas, n’est-ce pas ?
Le fait est qu’aujourd’hui la composition sociologique de la magistrature a complètement changé.
La reconnaissance institutionnelle du fait syndical est aujourd’hui
acquise depuis que le Conseil d’État a balayé les préventions doctrinales et
admis les recours présentés par les organisations relatifs aux
sanctions disciplinaires (arrêt de section Dlle Obrego, 1er décembre
1972) puis à la notation (arrêt Wolf et Exertier, 31 janvier 1975).
Il n’en demeure pas moins à mes yeux que la Fonction publique, dédiée au double service de l’État et du Citoyen, ne saurait être parasitée par des revendications d’intérêts catégoriels ou professionnels.
Seuls sont acceptables la défense d’intérêts institutionnels tels que, dans le cadre de la défense de la liberté et des principes
démocratiques, la protection d’une justice indépendante afin d’offrir une justice égale pour tous (ce qui devrait être la moindre des choses), un procès équitable pour tous, la dénonciation de l’immunité des puissants notamment en matière économique et
financière, la correction du déséquilibre entre les pouvoirs de police et de
justice afin de préserver l’indépendance des magistrats et permettre un
contrôle réel sur les services de police.
Mon objection fondamentale tient au danger que représente la défense de corporatismes dans cette institution qui présente le défaut de se refermer hermétiquement comme une huître en cas de critiques et qui accepte encore plus difficilement de se remettre en cause ou encore de voir sa responsabilité contestée.
Le débat est ouvert et je me permets de vous suggérer la lecture d’un article assez intéressant sur la question (article court, je vous rassure !) que voici :
http://istravail.com/actualites-etudes/les-etudes-sociales-et-syndicales/10484-les-syndicats-de-magistrats.html
Cordialement,
RB