Bayrou
a adopté la posture la plus sage et on peut croire qu’il a dû lui
en coûter, lui
qui était pour ainsi dire abonné aux Présidentielles.
Mais,
à la traîne dans les sondages, sans
moyens de faire campagne, avec l’appui de troupes bien
maigrichonnes , il
a rejoint celui
dont, dans l’offre actuelle, il pouvait légitimement se sentir le plus proche, Macron.
Qu’il
ait
assorti
son ralliement d’exigences est de bonne guerre, il ne pouvait
tout de même pas se présenter en
chemise comme
les bourgeois de Calais pour faciliter son exécution.
Fillon
s’est démonétisé tout seul et, pour tenir un semblant de
cohésion au sein de ses troupes, il va devoir à la fois édulcorer
au
point de vue social le
programme qui lui avait valu de causer la surprise aux Primaires de
la Droite et le durcir dans le sens des rodomontades qui sont si chères
à un certain électorat chez qui la trouille et la haine sont les
catalyseurs réels de l’action politique.
Chasser
sur les terres de Sarkozy pour
racoler à l’Extrême-droite
et, pour
les retenir, donner,
d’un autre côté, des gages à ceux qui présentaient un profil plus
social et en définitive plus gaulliste, bref pour espérer se
qualifier face au FN, il va monter un FN bis… aussi
peu crédible que l’original.
Hamon
est trop manifestement devenu
l’instrument de ceux dont l’unique ambition est
de sauver
le PS de la déconfiture en tentant d’arracher quelques franges à
Mélenchon pour
le précéder au décompte final, une ambition médiocre... Le
programme qui lui a valu de gagner les primaires est
relativement attrayant mais
souffre d’être
porté par une
figure
velléitaire qui n’a
jamais
été au bout de sa
supposée
opposition au hollandisme et dont on imagine bien qu’elle
sera parfaitement incapable d’aligner la moindre mesure concrète
s’il devait, chose
hautement improbable,
être élu président.
Pour
Macron qui, s’il joue finement le rassemblement avec les vestiges
du Modem - ce que Hollande a été incapable de faire mais semble contribuer à lui apporter son aide - le terrain se
déblaie vers
le second tour.
Sauf
énorme surprise, ce sera donc lui ou un
Fillon
ressuscité mais affaibli.
Pour
la Gauche, celle
de conviction le
combat se limitera à savoir si Mélenchon pourra l’incarner avec
un socle électoral
suffisant.
La
seule certitude au demeurant , c’est que la social-démocratie continuera sa lente décrépitude
peut-être de conserve avec les Républicains si Fillon devait
faillir.
Mais la relève est assurée pour l’oiligarchie dirigeante ...