@ M. Filterman
A part son rapport de thèse, savez-vous si Adilza Condessa
Dode a publié un article dans une revue scientifique à comité de lecture ? Dans
l’affirmative, pourriez-vous nous donner une référence. J’ai beau chercher, je
ne trouve pas.
Sur votre site, vous mettez en rouge la phrase
« Concernant les 7191 décès par néoplasie, un pourcentage de 49,63% a été
trouvé chez les habitants vivant dans une zone à moins de 100 mètres de la
BS » comme si c’était un élément clé des conclusions de Mme Dode.
Voici encore une phrase qui, sortie de son contexte, ne prouve
absolument rien. J’espère que c’est vous qui avez interprété à votre manière un
écrit de Mme Dode car si c’est elle qui vous a dit que c’était un élément important,
il y a de quoi s’inquiéter. Si c’est de votre fait d’avoir mis cette phrase en
exergue, cela ne m’étonne pas.
Pourquoi cela ne veut rien dire : eh ben tout simplement
parce que 50 % de la population étudiée pourrait très bien se trouver à moins
de 100 mètres d’une antenne. Vous ne savez peut-être pas, mais les opérateurs
de téléphonie mettent leurs antennes là où il y a des clients potentiels.
Même si la thèse de Mme Dode est en portugais, on peut quand
même récupérer aisément ses chiffres. Page 165, on peut voir que sur 2.238.332
habitants étudiés, 821.890 (soit 36,7%) habitent à moins de 100 mètres d’une
antenne.
OK. On remarque donc que dans la zone des 100 mètres, on a 49,6 %
des décès par néoplasie de l’étude pour 36,7 % de ses habitants. Mme Dode
montre que la mortalité pour 10.000 habitants par néoplasie décroît avec la
distance.
Maintenant, il faut savoir – et les scientifiques le savent
- , que ce n’est pas parce qu’on trouve une corrélation entre deux variables (la
distance à l’antenne et le taux de mortalité par néoplasie dans notre cas) qu’on a trouvé une
relation de cause à effet.
J’ai repris les chiffres de Mme Dode (colonne population du tableau de la page 165) et j’ai calculé la densité de la population en fonction de la
distance à l’antenne. Mes chiffres ne représentent pas le
nombre d’habitants par km2 mais ils sont proportionnels à ceux-ci.
Il apparaît que, comme le taux de mortalité par néoplasie, la densité de population étudiée décroît
significativement en fonction de la distance aux antennes. Autrement dit, il y a une forte corrélation entre la densité de
population et les décès par néoplasie.
Etant donné que ce n’est pas parce qu’on trouve une
corrélation qu’on a trouvé une relation de cause à effet, je n’irais pas jusqu’à dire
que, plus les gens vivent les uns sur les autres, plus ils ont des risques de
mourir de néoplasie. Cependant, à travers cet exemple, je montre que l’étude de Mme
Dode – qui reconnaît ne pas avoir pris en compte le tabagisme, par exemple -,
peut être biaisée.
J’espère avoir été clair, même pour les non
scientifiques.