Toutes les guerres sont drôles mais celle qui se prépare ne l’est pas parce qu’elle n’aura pas lieu. Je suis optimiste parce que les Américains ne supporteront pas de victimes par milliers. Or, la seule garantie qu’on pourra avoir c’est justement des morts par dizaines de milliers. Les Iraniens ont compris qu’ils ne peuvent rien contre les Américains mais qu’ils peuvent utiliser leurs missiles pour blesser l’Amérique pour longtemps. Un Iranien m’a dit récemment : "Nous les Iraniens, nous avons fait le serment que chaque iranien doit avoir la tête de son américain, et moi j’en ai déjà visé deux ici à Mulhouse !! ça veu tout dire !
Iran : Bush renoncera malgré lui à la guerre !
Trois portes avions avec à leurs bords, chacun mille hommes, dans une zone délicatement stratégique et à la portée des milliers de missiles iraniens extrêmement destructibles. Etats-Unis vulnérables et trempés jusqu’au cou dans les bourbiers afghan, irakien et moyen-oriental. En face un Iran plus que jamais prêt à se défendre et prédisposé à répondre à toute directive conforme au droit international. D’un côté, un agresseur venu des terres lointaines, armé jusqu’aux dents avec des arrières pensées démotivantes pour ses troupes. De l’autre un agressé chez lui, armé de foi et de raison d’être. Est-ce comme ça qu’on fait la guerre M Bush ?
Je suis optimiste quant à l’issue de l’escalade américaine dans la région. Tout donne à croire que les USA ne mèneront jamais la guerre contre Téhéran. A commencer par les résultats de celle qu’ils ont menée indirectement au Liban. Même à l’échelle de réduction, Hizballah leur a montré de quel bois se chaufferait l’Iran. En résistant pendant trente trois jours contre l’une des plus puissantes armées du monde avec à son actif, quelques trois milles missiles tirés, Nasrallah a eu le mérite d’aviser Washington de ce qui serait une attaque contre Téhéran. Balistiquement parlant, les Américains sont donc avertis que la nuisance des Iraniens sera multipliée par dix, si ce n’est, plus et plus ! Le risque qu’il y ait des victimes par milliers, est réel. Tactiquement, ils auront affaire à des gens qui sont entraînés pour mourir. Du côté iranien, chaque martyre sera accueilli par des youyous. De l’autre, chaque mort, et il y en aurait par milliers, augmenterait la colère des Américains, ce qui serait un appui de plus pour le peuple iranien.
Bush qui n’a rien d’un imbécile, sait certainement que s’il s’attaquait à l’Iran, en dépit de tous les calculs défavorables, et malgré le refus du Congres, il serait destitué dans tous les cas de figure. Car à ce moment-là, avec des milliers de morts sur le dos, on serait emmené à faire l’addition de toutes les victimes américaines depuis son arrivée au pouvoir. Ajoutées à la somme de ses échecs, la mémoire courte des politiques américains, le jetteraient dans les geôles de l’oubli. Nous comptons donc sur le sens pragmatique étasunien pour que Bush se réveille afin de stopper la machine qui va droit vers son péril. D’où mon optimisme, car les USA ne sont pas gouvernés uniquement par des fous. Nous les connaissons ; même sans scrupules, ils ne mettent jamais les pieds là où ils sont sûrs de perdre. Or, contre l’Iran, ça sera l’échec garanti.
L’autre chose qui me donne à être optimiste : L’état d’esprit de l’Iran et sa position d’agressé, son passé et son histoire millénaire et enfin, sa manière de gérer la crise et de penser. L’Iran est, tout l’Occident témoigne, dans ses droits, quant au mobile direct de cette guerre probable. Historiquement, les Iraniens n’ont jamais pris l’initiative de la guerre, mais quand ils y sont forcés, ils la savourent. Etant de bons négociateurs depuis des siècles, ils sont capables de dissuader et de convaincre quand ils ont affaire à un ennemi intelligent. Enfin, le peuple iranien ne manque pas de projet de société et de raison d’exister.
La question est alors : Comment expliquer la présence, de plus en plus forte, des forces US dans le Golf, si ce n’est l’intention de faire la guerre ? Je crois avoir trouvé une explication dans un article publié sur Internet. « Le rassemblement des forces, les plans apocalyptiques de destruction de l’Iran, ressemblent à cette pression interne du joueur de casino qui, désespéré par les pertes essuyées jusqu’ici, décide de “se refaire” absolument et définitivement en un banco miraculeux, en misant tous son pactole restant sur un seul chiffre de la roulette (nous suggérons “29”, car la crise de ’29 est bien la racine moderniste du drame). Pour l’instant, on pourrait dire que c’est une évolution psychologique propre à la seule administration et à ses dirigeants aux abois et pathétiquement isolés (Louise-Bush et Thelma-Cheney). Mais cette attitude est si complètement américaniste et les échos de la décadence accélérée de l’américanisme se font si insistants que l’idée pourrait finalement élargir son domaine d’application, - en désespoir de cause, si l’on veut, pour ceux qui, hors de l’administration et même parmi les ennemis de l’administration, l’accepteraient finalement. Cela serait alors : “détruire l’Iran pour sauver l’Amérique”. »
Je pense, malgré tout, que Bush qui a essuyé une série d’échecs, est entrain, non pas de mettre le paquet, mais d’augmenter la pression pour obliger l’Iran à faire des concessions. L’attitude étasunienne n’est pas celle qui veut faire la guerre à l’américaine. Je m’attends à un revirement de la situation dans les semaines à venir. Comme solution de dernière minute, il y aurait un grand pays qui suggérerait une solution déjà acceptée par l’Iran mais dictée par les USA sous forme d’une résolution pour soi-disant éviter la guerre. A titre d’exemple, on exigerait de Téhéran un plan de contrôle directe de ses activités nucléaires, ce qu’elle a elle-même proposé, en installant des caméras dans ses sites. On pourrait aussi suggérer à l’Iran de suspendre l’enrichissement d’uranium contre la suspension des sanctions votées par l’ONU. Dans le même temps, on proposerait à l’Iran un ravitaillement en combustible pour faire marcher ses réacteurs. Ainsi la face de Bush serait sauvée, ce qui lui ouvrirait la porte à des négociations directes avec les Ayatollahs. Pendant ce temps, la terre continuera à tourner en attendant les élections étasuniennes qui feraient tomber Bush démocratiquement.
Maintenant, si contre toute logique, cette guerre avait lieu, il faudrait chercher des explications, non pas, dans les livres de guerre, mais plutôt, dans les archives spirituels. Il y a un hadith qui fait peur au petit George et auquel croit M Ahmadinejad qui dit explicitement : « Il n’y aura pas d’apocalypse avant que la guerre ne soit déclenchée entre les Juifs et les Musulmans. Le moment venu, même les roches et les arbres appelleront « Oh Musulman, viens ! Il y a un Juif, se cachant derrière moi, viens et tue-le ! ». Vrai ou pas, des millions de Musulmans fonctionnent avec ça !
En attendant, des lendemains meilleurs ou pire, M.Ahmadinejad ne mâche pas ses mots : « L’Iran poursuivra son programme nucléaire, a-t-il affirmé mercredi, le jour même de l’expiration du délai accordé à Téhéran par l’ONU pour suspendre son enrichissement d’uranium. « L’énergie nucléaire, a-t-il déclaré, est très importante pour notre pays ». « Cela vaut la peine, même si nous devons mettre fin à d’autres activités pendant dix ans et nous concentrer sur ce dossier », a-t-il ajouté. Que faut-il pour faire plier un homme aussi intransigeant ? Telle est la question !
Laïd DOUANE
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