Dans notre société, la mort fait terriblement peur. Et face à cette mort qui finalement ne regarde que soit, on préfère remettre notre pouvoir dans les mains des autres (ceux qui soignent, ou ceux qui peuvent abréger les souffrances).
La fin de vie est une étape importante de la vie, il faudrait pouvoir le faire pleinement, en toute sérénité. Savoir vraiment pourquoi continuer à vivre ou non. L’hopital est un lieu qui occulte très souvent ce travail. La religion donne une certaine vision de la mort mais finalement n’accompagne pas le chemin individuel : chaque mort est unique car chaque vie est unique. Et face à ce bon dans l’inconnu, seul le courage personnel peut aider à faire ce pas.
Souvent, les fins de vie sont difficiles parce que quelque chose retient encore à la vie : revoir une dernière fois son fils, entendre d’un parent ou d’un ami les mots que l’on attend depuis des années... Parfois, un geste anodin suffit à ce que la mort soit acceptée. Elle peut alors venir, sans que l’on soit obligé de la provoqué par un acte violent.
Ce travail d’accompagnement des fins de vie est primordial, mais il fait si peur aux soignants et aux proches, car il renvoie à la notion d’échec, ou à sa propre mort, qu’il n’est souvent pas pris en charge.
Pourtant, l’enjeu est ici de premier ordre, dans une civilisation de plus en plus vieillissante.