SALOMON
(SHELOMOH)
Avec Daud
(David) disparaît, chez les Hébreux, le pouvoir sacerdotal de la Femme, qui
avait été exercé en Israël depuis Myriam.
Cependant, Les
Soffetim, qu’on appelle Juges et non Jugesses, sont les femmes qui continuaient
les traditions des premiers temps, et toutes leurs luttes, qui ont pour objet
de maintenir le régime primitif et le culte de Hevah.
Aussi, leur
pouvoir était sans cesse attaqué par les hommes qui méconnaissaient leur
autorité et voulaient régner à leur place.
L’homme voulait
régner pour imposer sa volonté, pour asservir ceux qui étaient plus faibles que
lui, pour leur prendre leurs biens par la force, c’est-à-dire par la guerre,
pour agrandir sa puissance en s’emparant du territoire des autres.
La Femme qui
régnait ne cherchait qu’à faire prospérer ceux qui l’entouraient, à faire
régner la justice, la paix, à donner à chacun ce qui lui était nécessaire, à
faire marcher les hommes dans la bonne voie.
Elle ne
s’occupait pas de conquêtes, elle n’attaquait jamais, elle se défendait quand
elle était menacée, ou cédait la place à l’envahisseur et s’en allait fonder
ailleurs une nouvelle maison, une nouvelle tribu.
C’est sous le
régime gynécocratique que le peuple d’Israël avait existé jusqu’à Salomon.
Il avait été
souvent attaqué et souvent déplacé, ce petit peuple qui était venu vivre au
milieu des Chananéens.
Cependant, Daud,
qui acquiert plus de puissance que ses devancières, arrive à former une nation
stable qui a une brillante capitale, Jérusalem.
C’est sur ces
fondements que nous allons voir son fils Salomon étayer sa puissance.
Il va régner en
homme, c’est-à-dire en conquérant cherchant à agrandir son royaume et en
ambitieux cherchant à augmenter sa fortune.
Plus préoccupé
des biens matériels que des choses morales, il s’entoure d’un luxe inouï.
Et, malgré tout
cela, on le représente comme un sage « dont la sagesse surpassait celle de tous
les Orientaux et toute la sagesse égyptienne ».
Tout cela a
évidemment été écrit à une époque où il fallait justifier le régime masculin en
donnant aux Rois toutes les qualités des Soffetim ou des Reines, en donnant à
Salomon tous les mérites de sa Mère.
Salomon se servit du pouvoir qu’il prit pour agir en homme qui secoue toute loi morale ; il fut débauché.
Les historiens
qui ont attribué à Salomon l’œuvre de Daud, ses Psaumes, ses ouvrages de
science et de sagesse, lui ont aussi attribué la construction de ce Temple,
dans lequel la doctrine de cette Reine et celle de Myriam devaient être
enseignées.
Cependant, les
lois de la psychologie démentent ce fait ; c’est qu’il n’est pas possible qu’un
homme débauché soit un sage, un penseur, un savant. Celui qui a 700 femmes et
300 concubines n’écrit pas des ouvrages de science.
Les
constructions édifiées par Salomon étaient des palais avec des harems ; et,
quand il fit construire des temples, il les consacra aux dieux mâles, que les
Israélites avaient en abomination.
Quant au Livre
de « la Sagesse », attribué aussi à Salomon, il fut écrit par un Juif
d’Alexandrie, peu de temps avant l’ère chrétienne.
C’est la Reine
de Saba qui a écrit le livre qu’on a intitulé « les Proverbes de Salomon ».
Pendant plus de
1.000 ans, une foule de livres contenant des règles de sagesse pratique et même
d’art manuel ont été mis sous le nom de Salomon.
Le mot Salomon
ou Soliman est un nom générique et symbolique, il indique une ère nouvelle : le
règne de l’homme seul !
On veut lui
faire signifier la Paix, alors qu’il inaugure le règne de la guerre
Si dans sa
jeunesse il suivit les sages conseils de Daud, il fut, par la suite, corrompu
par la richesse et par le pouvoir, et devint un despote qui se fit craindre
plutôt qu’aimer.
LE JUGEMENT DE
SALOMON
Le chapitre III
du premier Livre des Rois contient le récit fameux appelé le Jugement de
Salomon. Il s’agit de deux femmes se disputant un enfant.
Je vois dans ce
récit une parabole de la lutte pour la possession de l’enfant.
C’est, en
réalité, de la lutte du père contre la Mère dont l’histoire est remplie, lutte
d’où sortira le droit paternel. Jusque-là, le droit maternel seul a existé,
l’enfant n’a appartenu qu’à sa Mère ; le père vient le lui disputer, elle en
appelle au Soffet qui dit, très sagement : Celui qui est digne d’avoir
l’enfant, c’est celui qui veut son bien.
C’est à ce
moment, du reste, que nous voyons les hommes commencer à se servir de la
paternité pour se donner des droits qu’ils n’ont pas eus jusque-là ; et c’est
pour affirmer ces droits nouveaux qu’un auteur anonyme écrira l’histoire
nationale d’Israël en supprimant la filiation maternelle et en la remplaçant
par la filiation paternelle.
Cordialement.