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Étirév 27 février 2018 11:36

SALOMON (SHELOMOH)

Avec Daud (David) disparaît, chez les Hébreux, le pouvoir sacerdotal de la Femme, qui avait été exercé en Israël depuis Myriam.

Cependant, Les Soffetim, qu’on appelle Juges et non Jugesses, sont les femmes qui continuaient les traditions des premiers temps, et toutes leurs luttes, qui ont pour objet de maintenir le régime primitif et le culte de Hevah.

Aussi, leur pouvoir était sans cesse attaqué par les hommes qui méconnaissaient leur autorité et voulaient régner à leur place.

L’homme voulait régner pour imposer sa volonté, pour asservir ceux qui étaient plus faibles que lui, pour leur prendre leurs biens par la force, c’est-à-dire par la guerre, pour agrandir sa puissance en s’emparant du territoire des autres.

La Femme qui régnait ne cherchait qu’à faire prospérer ceux qui l’entouraient, à faire régner la justice, la paix, à donner à chacun ce qui lui était nécessaire, à faire marcher les hommes dans la bonne voie.

Elle ne s’occupait pas de conquêtes, elle n’attaquait jamais, elle se défendait quand elle était menacée, ou cédait la place à l’envahisseur et s’en allait fonder ailleurs une nouvelle maison, une nouvelle tribu.

C’est sous le régime gynécocratique que le peuple d’Israël avait existé jusqu’à Salomon.

Il avait été souvent attaqué et souvent déplacé, ce petit peuple qui était venu vivre au milieu des Chananéens.

Cependant, Daud, qui acquiert plus de puissance que ses devancières, arrive à former une nation stable qui a une brillante capitale, Jérusalem.

C’est sur ces fondements que nous allons voir son fils Salomon étayer sa puissance.

Il va régner en homme, c’est-à-dire en conquérant cherchant à agrandir son royaume et en ambitieux cherchant à augmenter sa fortune.

Plus préoccupé des biens matériels que des choses morales, il s’entoure d’un luxe inouï.

Et, malgré tout cela, on le représente comme un sage « dont la sagesse surpassait celle de tous les Orientaux et toute la sagesse égyptienne ».

Tout cela a évidemment été écrit à une époque où il fallait justifier le régime masculin en donnant aux Rois toutes les qualités des Soffetim ou des Reines, en donnant à Salomon tous les mérites de sa Mère.

Salomon se servit du pouvoir qu’il prit pour agir en homme qui secoue toute loi morale ; il fut débauché.

Les historiens qui ont attribué à Salomon l’œuvre de Daud, ses Psaumes, ses ouvrages de science et de sagesse, lui ont aussi attribué la construction de ce Temple, dans lequel la doctrine de cette Reine et celle de Myriam devaient être enseignées.

Cependant, les lois de la psychologie démentent ce fait ; c’est qu’il n’est pas possible qu’un homme débauché soit un sage, un penseur, un savant. Celui qui a 700 femmes et 300 concubines n’écrit pas des ouvrages de science.

Les constructions édifiées par Salomon étaient des palais avec des harems ; et, quand il fit construire des temples, il les consacra aux dieux mâles, que les Israélites avaient en abomination.

Quant au Livre de « la Sagesse », attribué aussi à Salomon, il fut écrit par un Juif d’Alexandrie, peu de temps avant l’ère chrétienne.

C’est la Reine de Saba qui a écrit le livre qu’on a intitulé « les Proverbes de Salomon ».

Pendant plus de 1.000 ans, une foule de livres contenant des règles de sagesse pratique et même d’art manuel ont été mis sous le nom de Salomon.

Le mot Salomon ou Soliman est un nom générique et symbolique, il indique une ère nouvelle : le règne de l’homme seul !

On veut lui faire signifier la Paix, alors qu’il inaugure le règne de la guerre

Si dans sa jeunesse il suivit les sages conseils de Daud, il fut, par la suite, corrompu par la richesse et par le pouvoir, et devint un despote qui se fit craindre plutôt qu’aimer.

LE JUGEMENT DE SALOMON

Le chapitre III du premier Livre des Rois contient le récit fameux appelé le Jugement de Salomon. Il s’agit de deux femmes se disputant un enfant.

Je vois dans ce récit une parabole de la lutte pour la possession de l’enfant.

C’est, en réalité, de la lutte du père contre la Mère dont l’histoire est remplie, lutte d’où sortira le droit paternel. Jusque-là, le droit maternel seul a existé, l’enfant n’a appartenu qu’à sa Mère ; le père vient le lui disputer, elle en appelle au Soffet qui dit, très sagement : Celui qui est digne d’avoir l’enfant, c’est celui qui veut son bien.

C’est à ce moment, du reste, que nous voyons les hommes commencer à se servir de la paternité pour se donner des droits qu’ils n’ont pas eus jusque-là ; et c’est pour affirmer ces droits nouveaux qu’un auteur anonyme écrira l’histoire nationale d’Israël en supprimant la filiation maternelle et en la remplaçant par la filiation paternelle.

Cordialement.


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