Toute religion se considère comme « la vraie », il n’y a pas d’exception, certains peuples ont réussi à admettre la cohabitation dans l’espace public de différentes confessions, soit par un regard distancié et réfléchi sur la notion de forme extérieure, soit par opportunisme ou sagesse.
Chaque religion se considère comme « la vraie » et « l’authentique », et à l’intérieur de chacune d’elle chaque « secte », et par la suite, chaque voie particulière de chaque « secte » se considère comme la seule, ou du moins la meilleure option ou interprétation.
La réflexion sur le rapport entre la forme d’expression (le dogme) et la pratique rituelle qui y est attachée d’une part, et d’autre part la réalité intérieure qui se veut universelle, existe plus ou moins dans toutes les formes, mais elle est plus ou moins manifeste dans les textes, dans l’islam c’est le tassawuf qui dit que « la couleur de l’eau est la couleur du récipient », dans le bouddhisme c’est la phrase selon laquelle lorsqu’on voit le Bouddha il faut le tuer, entendre tuer cette forme provisoire qui ne saurait qu’être illusoire et passagère et non représenter la totalité.
Chaque religion contient donc un aspect d’exclusivisme et un aspect intégrateur, à l’opposé de « l’intégrisme » qui n’est pas « une lecture selon la lettre », mais une lecture selon une interprétation unique de la lettre.