Le cas de l’Italie va être intéressant à suivre. Hier on a
appris de Bloomberg que la Commission Européenne est prête à
lancer une procédure disciplinaire contre l’Italie, réticente à
réduire sa dette publique. Cela peut mener à une amende sous forme
d’un dépôt de 3.5 milliards d’euros. L’État italien pourrait-il
refuser de payer cette amende ? Cette nouvelle de Bloomberg a
accru hier le spread sur la dette italienne déjà anormalement
élevé. Comme je le dis souvent il faut avoir à l’esprit la
situation particulière d’un pays qui a l’Euro comme monnaie. Ce
pays peut avoir contre lui non seulement les marchés financiers mais
aussi « sa » banque centrale, en l’occurrence la BCE.
Ce n’est pas le cas d’un pays qui a sa propre monnaie. Il peut
avoir des problèmes avec les marchés financiers mais sa banque
centrale se porte en soutien si besoin est, comme lorsque les
britanniques ont fait la « bêtise » de voter pour le
Brexit, la banque centrale britannique s’est portée en
soutien de l’État et de l’économie britanniques avec un plan
en quatre points :
https://www.theguardian.com/business/2016/aug/04/bank-of-england-cuts-uk-interest-rates
Un pays qui a l’Euro
est particulièrement vulnérable à la contrainte extérieure. Il
est facile à soumettre si à la fois la commission européenne, les
marchés financiers et la BCE agissent de concert pour le
soumettre. Pour la BCE le simple fait de ne rien faire est déjà un
problème. Si en plus elle restreint la liquidité aux banques
italiennes, c’est un problème supplémentaire grave qu’ont déjà
connu la Grèce en 2015 et Chypre en 2013. Si une agence de notation
dégrade la note de la dette italienne en catégorie spéculative,
l’accès aux liquidités de la BCE sera automatiquement coupé ou
fortement réduit pour les banques italiennes, et l’Italie sera à
genoux. Elle fera alors ce qu’il lui sera commandé de faire et
paiera les amendes qu’il lui sera demandé éventuellement de
payer si elle n’a pas de plan B de sortie de l’Euro.