@Fergus
Il ne me reviens pas de juger de mes moyens intellectuels, mais je n’ai pas à rougir des logiciels que j’ai créé avec d’autres lors des 15 premières années de ma carrière. J’ai été reconnu comme un spécialiste du traitement massivement multi-processeurs en environnement temps réel critique. Je développai également les extensions de l’OS nécessaires à ces conditions de fonctionnement. J’ai vite abandonné le Fortran et le Cobol pour me rapprocher de la machine : Assembleur, puis C puis C++. Par la suite, je me suis intéressé au développement de projets dans des conditions semblables de parallélisme massif (systèmes complexes avec jusqu’à 150 partenaires). Parmi mes collègues, certains étaient capables de faire aussi bien ou mieux que moi, parfois avec d’autres méthodes et d’autres pas, cela dépend de notre capacité à schématiser le réel. C’est cette capacité qui fait le bon informaticien et non la pratique avancée d’un langage. Lorsque l’on sait ce que l’on cherche, on peut toujours le trouver, même lorsque cela n’a pas été appris. Un bon informaticien sait réunir tous les cas particuliers dans un cas général pour produire moins de code et les méthodes objets ne sont pas une peine supplémentaire, mais une facilité. Un bon informaticien doit pouvoir créer des méthodes nouvelles et non encore documentées lorsque le besoin l’exige. Je suis allé jusqu’à écrire dans les registres du processeur et bousculer l’organisation des données pour avoir un adressage performant. L’essentiel est que la méthode soit documentée pour ceux qui viennent après. Rien de cela n’est écrit dans les livres, il faut donc des qualités spécifiques pour faire un bon informaticien et le langage utilisé n’est qu’un détail de la solution. Je n’ai jamais enseigné un catalogue de solutions à mes élèves en JAVA, mais des concepts et les méthodes pour trouver la bonne solution. Ce n’est pas pour autant que le bon informaticien est bon partout. Un bon chaudronnier ne mettra pas beaucoup de temps à maîtriser son marteau alors que d’autres n’y arriveront jamais (moi en particulier). Le chaudronnier doit également posséder des qualités spécifiques s’il veut percer dans son métier et j’admire ceux qui peuvent ainsi maîtriser leurs gestes.