Bon bon bon, doucement, je vais être franc : je n’ai lu votre article qu’en diagonale, et pour l’instant, je n’attaque que sur des principes généraux, et non sur des détails scientifiques, auxquels de toute façon j’accorde a priori un certain crédit, vu que vous êtes vous-même chercheur (même si c’est dans une spécialité relativement éloignée !). Je n’exclus pas de prendre le temps, plus tard, de tout décortiquer et donner mon avis sur le fond.
Je me permets cependant de critiquer sans entrer dans le détail scientifique pour une raison simple : celle que j’ai évoqué en premier lieu, à savoir que pour proposer un système de vote, il ne s’agit pas de convaincre des informaticiens, mais tous les citoyens, car les élections sont le seul moment de la vie du citoyen où il ne devrait pas avoir à faire confiance à des experts indépendants ou prétendus tels (comment certifier la personne qui certifie la machine ?).
J’ai exprimé ensuite des doutes, d’ordre très général, sur la fiabilité intrinsèque du système. Là, peut-être qu’une lecture approfondie de votre texte me fournirait les réponses. Donc je ne vais pas défendre la pertinence de ces critiques pour l’instant.
Pour en venir à l’informatique qu’il faudrait jeter à la poubelle : non, je ne serais pas en train de m’arracher des cheveux sur ma thèse si je pensais cela ! Je pense que vous saisissez que sécuriser un Airbus ou des transactions bancaires, ce n’est pas la même chose que de sécuriser un système de vote (un petit tour sur le blog de David Monniaux pourra vous en convaincre). Les contraintes sur le secret et sur la sincérité sont très difficiles à satisfaire simultanément, donc le problème est déjà de base complexe. Or à cette complexité s’ajoute l’exigence, la gageure, de présenter une preuve accessible à tout citoyen, car celui-ci ne peut pas faire confiance aux organisateurs (alors qu’il peut faire confiance en sa banque ou en sa compagnie aérienne qui auraient tout à perdre si leurs services n’étaient pas fiables).