Les notions de progrès et de déclin sont toutes relatives en effet. Les Anglais vivent par exemple avec la nostalgie de l’Angleterre victorienne, mais allez demander à cette époque-là ce qu’en pensait un mineur de fond de cette Angleterre coloniale et hautaine. Les fameuses trente glorieuses françaises.Qui en a vraiment profité ? Quelle était la situation ouvrière à cette époque ?
Il semblerait que le critère de jugement pour une société soit uniquement économique : savoir quel gain peut générer l’investissement, savoir le chiffre de la dette, savoir le taux de l’inflation. Ne pas oublier que les français ne sont pas tous actionnaires (doit-on s’en plaindre ?) que les pays les plus riches (émirats par exemple) sont des catastrophes sociales, et que, pour être bref, l’argent ne fait pas tout, loin s’en faut.
Quand à cette fameuse croissance, dont on nous rebat les oreilles tous partis confondus, elle ne pourra pas être éternellement positive. Ou alors nous serons morts, asphixiés depuis longtemps. Cette croissance est entièrement contradictoire avec la préservation de la planète et entièrement contradictoire avec le développement du tiers monde qui est, qu’on le veuille ou non, la solution de la plupart des problèmes européens, voire mondiaux. La croissance ne fait qu’augmenter le fossé qui sépare les plus riches des plus pauvres, tant au niveau national qu’international. Nous arrivons aujourd’hui, en France, à une échelle de salaire de 1 pour 300. En étant plus explicite, les plus hauts salaires gagnent en un mois ce que les plus bas gagnent en une vie. Là on peut dire qu’il y a déclin, mais social cette fois...